Voyageur de toi

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"Je sais, tout a été dit, tout déjà écrit. Mais pas par moi!" Piet Maris  [+]

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Je déambule sur ta nuque et de tes cheveux je découvre la densité, j'arpente leur texture et glisse sur leur douceur, mes doigts se perdent dans le foisonnement de ta crinière soyeuse.

Ma main se fait curieuse et visite tes épaules, se pose dans tes salières, s'y attarde. Elle n'ose pas encore une ascension vers le vertige de ces collines ardentes et dressées qui m'effraient un peu. Je suis prudent et me garde de découvertes trop hâtives. Je me retire, raisonnable, vers tes clavicules, horizon magnifique, les survole et bascule vers l'arrière.

Je descends le long de ton dos, mes phalanges tentent un chemin sur ta colonne, je découvre une à une les anfractuosités de la ligne qui te tient droite. J'effleure chaque vertèbre, ton frisson m'encourage à poursuivre.

Les deux petits creux au dessus de tes fesses m'intriguent. Recèlent-ils des sensations que tu aimerait, ces deux points symétriques qui marquent la perfection de ta silhouette ? Je risque une caresse furtive. Un soubresaut, en guise de réponse, précipite ma main un peu plus bas et me voilà malaxant sans vergogne la chair rebondie de ton postérieur. J'en suis heureux. Pour un peu, je me croirais sur la lune et ferais des pas de géant. Je m'enhardis dans cette approche un peu brutale de ta texture.

Tu m'interromps avec autorité et places ma main sur ta hanche, m'obligeant à un peu de retenue. Je pose la deuxième main sur la voisine au même endroit, j'aime les os iliaques, ils donnent aux femmes leur stature, comme une arrogance méritée. Je me prends à rêver d'une danse où je te tiendrais fermement, un mouvement cadencé qui nous irait bien.

Je reprends mes esprits et me faufile sur ton ventre, mes mouvements circulaires près du nombril déclenchent une imperceptible ondulation. Ce petit nid semble dissimuler des possibles, je m'en souviendrai.

Mes deux mains n'ont plus peur à présent et je me propulse vers les pics bruns de tes cimes vertigineuses. Je m'y cramponne, je les pince je les presse je les tiens à pleine poignée, je m'en empare, je m'en rends maître, l'excitation du conquérant me dresse vers le ciel. Tu aimes ça aussi, et pour la première fois, j'entends ta voix, à mon oreille : « encore ».

Ma langue profite de cette ouverture et lèche ton petit lobe, le trou délicat juste au dessus figure un nouveau refuge à extase. J'y déposerai mes secrets, un peu plus tard, et peut être, dans quelques années, mes inquiétudes.

Mes yeux aiment ton visage et il s'en faudrait de peu pour que je ne me noie dans les tiens. Avec l'âge, heureusement, j'ai appris à nager c'est cruel, mais tu n'es pas ma première expédition.

Ta bouche m’appelle alors je m'y précipite. Ta langue me happe. J'aborde une humidité chaude, je suis déjà à l’intérieur de toi, cette entrée dans ta matière me rends confiant. Je te déguste un peu plus et c'est de mes lèvres qu'à présent je te fouille.

Je veux en savoir plus et je refais tous les chemins : tes épaules, ton dos, tes fesses ton ventre, tes seins, j’accélère les mouvements, je visite tout plusieurs fois, je cours sur ta lande, je cavale sans carte sur ton immensité. Je suis téméraire mais timide. Les secrets de ton entrejambe me fascinent, mais je n'ose encore m'y risquer, ce pourrait être un voyage sans retour.

Je m'égare sur tes cuisses, je fais des incursions à l'intérieur, de plus en plus haut, de plus en plus près du mont convoité, et puis habilement je fais diversion en massant un pied, prenant l'air d'un guerrier au repos, inoffensif.

Pourtant, ton paysage me tourne la tête, tu es une terre en mouvement, un pays vivant, un royaume luxuriant. Je n'avais pas prévu cela, habitué à des régions plus arides. Je me sens soudain tout petit, devant l’immensité de ton territoire. La conquête ne sera pas aisée, mais je deviendrai ici plus qu'un visiteur. Je perçois déjà que te connaître sera long, et que je suis entrain de me condamner à arpenter tes étendues pour l'éternité.

J'ai soudain très chaud, la transpiration coule le long de mon dos en une rivière bouillante. C'est un climat torride qui règne ici, il faudra s'y faire.

Je sens une main qui agrippe la mienne et me conduit au centre de toi, elle est un guide providentiel dans mon océan de doutes. Je tremble de la tête au pied, mais je trouve ma voie, je visite, hésite, touche, frôle, m'installe. J'amorce de lents mouvements délicats, avisés. C'est une cavité humide, gardée par des replis de chair toute douce, mes doigts y découvrent leur place et se font les précurseurs d'une autre part de moi dont tu viens de t'emparer.

Je me sens découvert, mis à nu, minuscule,vulnérable : un Christophe Colomb lilliputien, un Vasco de Gama ridicule, un Roald Amundsen frileux, un Dumont d'Urville des bacs à sable.


Tu me glisses des mots salés, tu fabriques des vagues salvatrices et des ressacs efficaces. Je tangue, je vacille mais ne perds pas le cap. Mon phare reprend vigueur, j'aborde tes rivages inconnus.

Veux-tu être mon île  ?
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Petitpoizonrouge · il y a
je vous félicite pour la sensualité de votre texte
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Chris B · il y a
Oh! C est gentil.
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Jade_or · il y a
Waouw. Quel voyage... Aucune vulgarité. Il n'en est que magnifié. Vous avez une très belle plume.
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Arthur AuréliAn · il y a
Bravo Chris! J'ai voté, et je te souhaite le meilleur pour cette finale: que ce voyage chaleureux se termine en voyage lumineux!
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Chris B · il y a
Hélas c est l autre texte qui est en finale, moi je préférais celui là....à bientôt Arthur!
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Arthur AuréliAn · il y a
Désolé! Je suis allé plus vite que la lecture?...je vais voir ton texte en finale, alors! A très bientôt!
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Rose · il y a
Belles images, propices au voyage......
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Chris B · il y a
je vous en souhaite tout plein, de beaux!
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Léna · il y a
Superbe....tout au début du poème, je me suis dit "il y a un truc", il doit caresser un cheval ! et puis non, lentement, je suis arrivée à la femme. Il fait chaud tout à coup. Mes votes bien sûr !
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Chris B · il y a
Grand merci!
un peu de chaleur au creux de l'hiver, cela ne saurait nuire....

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Arlo G · il y a
Excellent TTC abouti et très réussi. Vous avez le vote d'Arlo qui vous invite à venir découvrir son TTC "le petit voyeur explorateur" et son poème "découverte de l'immensité dans le cadre de la matinale en cavale short édition. Bonne soirée de la part d'Arlo.
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D.B · il y a
Très joli voyage, sensuel, un beau dimanche matin...
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Chris B · il y a
Merci d être venu jusque là.
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Jo.L · il y a
3 points bonne chance
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Chris B · il y a
Tout ca?merci beaucoup.et aussi pour le compliment....
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Jo.L · il y a
je me suis lancée depuis hier, il y a un talent indéniable de narration et de contenu : bravo
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Epicurien78 · il y a
J'aime beaucoup ce délicieux voyage !