Voyage

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Image de Été 2014
Résonne en moi du plus profond... dans le brouillard de ma présence, la résurgence d'une ombre charnelle qui se penche sur moi, les cheveux longs bruns, les yeux clairs en amande, surlignés de sourcils décidés, les seins lourds, offerts , posés au dessus de ce ventre en rondeur qui appelle mes sens et terminé par des jambes charnues, rehaussées de ce petit plus ..là..juste sous la hanche......des pas.. entrecoupés de silences .. puis s'évaporent les bruits les odeurs, les sensations...... elle ondule sous la lumière blafarde de ces couloir vides de vie. Comme un papillon elle virevolte dans le laryngite de ma vie à la recherche de ma source .. papillon .. mon beau papillon .. je t'en prie .. toi qui sais .. toi qui t'orientes la nuit .. par le reflet du jour .. ne te laisses pas tromper par ces fausses incandescences .. temporalités artificielles nées d'un besoin qui n'est pas le tien...Ces rondeurs, mouvances dans leur jeune maturité .. cette réserve de vie pleine de promesses dans les plis de l'aine, cette rondeur là .. sur le nœud des générations..cette peau tendue au grain soyeux..... Si je pouvais toutes les éteindre avant que tu t'y incinère .. pour l'éphémère brûlure sensorielle de ta réalisation et qu'y naissent une nuée de larves et de mon vert je leur ferais don. Toujours la résonance de la ponctuations de sa démarche...qui m'habite Non ..papillon tout n'est pas fondu.. car le vieillard centenaire au corps d'Apollon , suit dans ses pensées, dans son voyage immobile, la rivière de ses synapses, depuis le torrent du souvenir sans cesse renouvelés, et remis à jour pour en pérenniser la trace dans sa mémoire biologique en arrivant au confluant des passions. Contrainte toujours à compiler pour se conserver , en haut du dossier, en rouge souligné de bleu.. au gros crayon double .. administratif .. du temps passé , le ressenti émotionnel en titre qui le ramènera à ce que ses neurones ont écrit à la dernière compilation. Mes yeux en descendant les mamelons de tes seins, l'affreux précipice...de mon désir... me força de ralentir le pas de mes pensées car un mouvement eut suffi pour nous perdre. Sentiment..., après avoir côtoyé des abîmes rebondissant se perdant dans tes lignes, la courbe de mon regard m'amena dans la brûlure intérieure des désirs insurmontables. Ainsi donc se déroule la sonnaille de ses deniers de dédale que l'on ne peu échanger, je t'entend , dans les couloirs , dans le silence de ta nuit . Je t'attends dans ce chant qui viendra me bercer , perchée sur tes talons ...je retrouve sous mes paupières tes belles mirettes qui fuyaient mes appels , me montrant que la blancheur de leur habillage et se perdaient en perspectives infinies dans les ailes de tes narines , j'entendais enfin le doux murmure de cet air que toi seule sait respirer. A nos pieds nichés dans un bas-fond Chronos ponctue le chemin parcouru qui te rapproche de moi...mon soleil à son déclin laisse vivre et respirer cette immensité. De larges bandes de bois, rambardes accrochées aux murs bleus, dans cette coulée sombre conduisant à mon empire. Rien ne caresse l'ouie comme les premières atteintes du grand silence ''nuital'' qui, adoucissant par sa molle bercée les crêtes anguleuses de la journée passée....Se promènent dans les fossettes de ta taille, les ombres chatoyantes de tes ondulations parsemées....Les monstres !, Ces myriades de flammèches et d'escarbilles qui se dressent à l'horizon de mes sens d'une mer agitée par la puissance des vent , puis le doux reflet d'une robe de soie pliée et froissée. Pas un spasme, pas un tressaillement, explorateur de ma mémoire antique, les baisers sur mon morne voyage, qui dissimule ces images sous mes paupières closes, on me croit absent à moi-même. Ainsi est mon amour .. tyrannique prédateur par l'investissement émotionnel de mon immédiateté .A cette douleur qui me hante, qui me jette dans le gouffre des ressentis, dans ce jet à ma propre condition... Si ce n'est le vide .. le vide sidéral de l'absence.. de cette « déprésence » comminatoire, que rien ne peut combler et qui me rempli de ce vide qui ne se raisonne, quand je croit à être ce qui m’envahis . Placardant mes cerneaux du vécu insoutenable, d'une archive impossible, faisant croire à une double existence , à un jumeau oublié là par des parents irresponsables, ces chaînes de fraternité né de similitudes dans l'insurmontable supposé. Tes talons me chantent ton retour. Non rien n'est perdu, rien n'est fondu, tant qu'il y aura dans la mémoire biologique cette capacité de se surpasser, d'aller au-delà de ses peurs, pour laisser les autres surmonter les leurs . J'improvisais sur ma toile le gris céleste de tes yeux , le délicieux sourcil bordant d'éclairantes alcôves , les pâles nuances du pinceau jetant du lilas sur tes paupières clauses , des roseraies cramoisies dans les ourlets de tes lèvres, ton front projetant mille pensées fantastiques, chavirées à peine formées dans l'écume de ta marée . Perdus dans l'infini, nous fûmes pris de cette somnolence qui peuple de rêves angéliques, d'heureuses visions, du cerveau électrisé ,et nous murmurâmes des lèvres la béance éternelle de l'homme dans la nature, ce cri sublime au grand sel.. je t'attendais... . Le visage figé, les orbites tout à coup un peu plus profondes, dans ce lit, finissant l'inutile perfusion, je ne tirerai plus la chaîne de mon soufflet, le foyer de ma forge s'est éteint et ma cendre emplie l'air autour de moi de l'effluve du mégot... on n'entendra plus chanter le marteau de mon cœur sur l'enclume de mes souvenirs et là tout contre son impuissante résignation, ne reste que la coque transparente de ma mue d'où je me suis envolé... du pessimisme de ma raison à l'optimisme de sa clarté .
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