Vol au-dessus d’un nid de cou… rageux…

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Témoin attentif d’une époque. Croyant en la préciosité de l’être, de la nature (et) des choses. J’écris bon gré mal gré. Tout comme nature promesse d’évolution jusqu’à sa  [+]

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L'impact des gouttes sur le métal rappelait l’hémoglobine qui allait se déverser sur les déchets en papier et carton...

Alors qu’une mouette entreprend le survol d’un coin vert de France qui n’a pu éviter les « pousses » urbaines. L’oiseau plane maintenant juste par-delà un bâtiment moderne au toit en tôle galvanisée de couleur bleue. Et on pourrait entendre : « ploc... ploc... ploc... » si...

Mais revenons un peu en arrière...

Nous pauvres humains, sains, ou handicapés par et pour la vie, nous nous retrouverons tous à la déchetterie... Ainsi est notre destin...

A Rheizh, au foyer de la Glande : vous trouverez une résidence dédiée à des personnes handicapées physiques ou corporelles, mais précisons-bien : pas mentales ! Comme tente de s’en persuader la direction, en manque de sérénité semble-t-il, en venant faire montre de sa personne avant le souper pour exemple.

Dotée d’un médecin plus hautain que humain, la résidence se veut un modèle de sécurité ! Le docteur de C. veille !... Il est pourtant bien plus apte à vous mésestimer qu’à vous soigner ! Son bon Dieu, prié quotidiennement, lui en sait gré. On ignore pourquoi...

Il est vrai que haut de son bon 195 cm (ça en fait des millimètres !), il préfèrera vous envoyer chez ses vieux copains de faculté ou de chasse plutôt que de vous proposer de bons soins appropriés ou simplement ceux que vous espériez... comme des non conventionnels mais bien naturels ! Chapeau pour un médecin, qui plus est, se disant rééducateur ! Sans doute, devrait-il descendre de son perchoir, se poser, se mettre à bonne hauteur ou de niveau, pour tenter de vous comprendre. Tout ça pour dire qu’il ne perdrait rien à essayer gagner en écoute... Mais est-ce à Anouk, une de ses « patients», de s’adonner à cet exercice ? Et se sentir supérieur est une marque de caractère affirmé pour un docteur : qualité face à un nain de jardin (façon Michalon) ou bien vilain défaut pour ceux qui se voient abusés...

Quelles attentions vous apportera le docteur de C. ? Mises à part celle de conseiller à votre pauvre mère d’aller prier ND d’X... sans même se préoccuper de savoir si, par hasard, elle ne serait pas athée !?!
Outre l’intention de vous nuire... Anouk ne voit pas ! Une chance pour le docteur de C., en ce XXIème siècle, plus rien ne pourra être rapporté à Hippocrate !

Quant à Anouk : l’envoyer chez un de ses confrères, médecin-psychiatre, a été une curieuse idée, pour ne pas dire l’erreur fatale, de la part du docteur de C.... « Vous vous dites intelligente ? » a-t-il tenté. Ce à quoi elle a répondu que « Jamais elle ne se permettrait ! ». Mais le pouvoir de décider n’était pas de son côté... Et la faire passer pour schizophrène s’est trouvé être un jeu d’enfants, pour le médecin face à son patient ! Or, la diminuer ainsi en ayant trouvé une idée pour la droguer, aura provoqué un sursaut jusque là insoupçonnable chez elle et lui aura donné enfin envie de sortir la tête de l’eau ! Mais Anouk ne se résout pas à en remercier le docteur de C., ayant été suffisamment shootée !

Puis la déclarer comme personne à « facultés mentales altérées » aura été la goutte de trop ! Goutte de jus de pommes bio : « ploc ! », puisque c’est avec ce breuvage qu’elle souhaite bien montrer que ses facultés mentales sont bel et bien désaltérées !

Anouk se rend compte du minimum d’attention, dont elle et les autres pauvres patients handicapés bénéficient... individuellement en collectivité... Les patients handicapés se retrouvent face à une tripotée de gens... dits... « normaux »...

Et sans être ni trop difficile, ni prétentieuse, voilà juste ce qui lui est vital : intelligence, attention, communication... Le dernier point n’est pas facile à mettre en oeuvre au vu du manque de séances d’orthophonie dont elle bénéficie ! Et même avec les oreilles correctement nettoyées.

Elle l’a décidé, Anouk ne prend plus de psychotrope depuis un mois et neuf jours. Et c’est grâce à François Legris qu’elle s’est retrouvée.
Anouk voudrait tant remercier son psychologue pour son écoute, quand il peut l’honorer de sa présence, ainsi qu’une infirmière précieuse, lui semblant concernée et touchée, pour ses bons conseils avisés !

Désormais elle pourra espérer vivre comme un être humain... et patienter plus sereinement.

Et attention, Anouk n’aura dénoncé personne : ni le médecin qui ose porter un nom de famille bien plus pompeux que le sien... Ni personne d’autre d’ailleurs ! Tandis que l’envie de le faire lui semblait être irrésistible. Bref, il reste à Anouk à remercier François Legris pour ses mots si réconfortants...

Comment Anouk a-t-elle pu être dite « à facultés mentales altérées » ? Comme il est bien mentionné, noir sur blanc, sur la Minute du TGI de Rheizh ? Non, ça ne passe pas... ça ne se passera pas comme ça !

Arrivent en tête à Anouk quelques notes de musique... aussi graves qu’angoissantes...  : s’agirait-il de la musique du film « les Dents de la Mer » par John Williams ?

Alors... alors... un dénouement se ferait-il ressentir ?

Nervosité et fonctions neuronales sont bien réapparues durant toute la période d’attente ou de suspense qu’il aura fallu endurer pour Anouk.

Oui, la patience est bien la qualité première demandée aux personnes handicapées.

Tiens, Anouk entend comme des gouttes s’écraser sur du métal... « Ploc... ploc... ploc... ». Du lait... Là, elle est se trouve en salle de traite avec à côté des bidons en aluminium bien alignés. La voici avec un groupe de personnes handicapées, en cette belle journée printanière, pour la visite d’une ferme bio.

Son sevrage de psychotropes est en cours. Elle l’a entrepris seule et courageusement. Pas facile : spasmes, soubresauts et spasticité sont les désagréments à supporter (= trois S pour un Sevrage !). Son objectif : redevenir Saine de corps comme d’esprit ou de Spirit. Stop à la survie en sursis et au shoot !

Elle se sent mieux, mentalement ou plutôt intellectuellement, s’entend. Réflexion, concentration, nouvelles envies d’actions sont revenues !

Elle a même eu envie de lui faire un cadeau sous la forme d’une œuvre de sa création à ce docteur de C. : un tableau façon mosaïque de comprimés beige et rose avec tous ceux collectés et bien conservés. « Fallait mieux vérifier ! ». A-t-elle envie de dire sur un ton narquois, alors qu’ils avaient abusé d’elle sans jamais se préoccuper de savoir si elle avait un minimum de volonté, de cervelle et de ténacité !

Tiens, Anouk entend comme des gouttes s’écraser sur du métal... « Ploc... ploc... ploc... ». S’agirait-il d’une averse de pluie sur sa table de jardin ?

Chute :... et attention à ce mot qui « peut en cacher un autre » !... ou alerter du danger bien trop réel de prendre le risque de devenir handicapé pour toujours (et à jamais ?)... par la seule action de vivre ! Simplement.

Un claquement de doigts de sa main ne voulant plus bouger depuis l’accident... quoique c’est peut-être concomitant à la prise du traitement non naturel et bien trop conventionnel ! Attention à la paranoïa qui la guette ! Mais Anouk se méfie dorénavant des docteurs comme des dealers, desquels elle ne s’était jamais approchée de la vie (d’avant) ! Et elle décide de jeter cette boîte de fichus cachets... Pas vide !?! Son vœu, ou plutôt un souhait sous la forme d’une subreptice idée saugrenue, aurait-il été exaucé ? Après un rêve abracadabrantesque, aurait-il été possible que le docteur de C. ait subi une bonne réduction et se soit retrouvé empaqueté, et sans blister, avant d’être définitivement... rendu jetable... pour être offert à une belle broyeuse de la déchetterie !

Chute : (Vient l’index se coller verticalement sur ses lèvres ourlées et serrées).
Car le point de chute est la déchetterie bien entendu ! Et n’oublions pas cette sentence : « stop aux gâchis en tous genres ! ».

Le docteur de C. pour patients handicapés corporels finit broyé dans une déchetterie où il était pourtant bien mentionné : « stop au gâchis », « pensez au tri ». Et réflexion faite, il est vrai qu’une sélection plus rigoureuse aurait été nécessaire dès le début, non ? Recommandation à garder en tête pour la sélection du futur médecin, remplaçant à venir très prochainement...

Car d’une retraite heureuse, ou espérée telle et attendue, le destin du docteur de C. aura basculé à une fin de vie en déchetterie trieuse...

Oui et soudain, que n’entend-on pas, alors que la broyeuse s’arrête : « ploc... ploc... ploc... ». Docteur de C. emballé enfin broyé... Et c’est de l’hémoglobine qui se déverse sur les déchets en papier et carton...

Et là : des mouettes et des mouettes sur et au-dessus des déchets… dont un sanguinolent.

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