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Tant de barrières sans mesures, moins de tendresse sans baisers, les moulins voudraient bien tourner, la meule avide grince en grippe. Bien des machines ont arrêté tous les baisers des employés, des industries, des ateliers, des temps comptés, des bénévoles, des sans-papiers, et des auto-entrepris, tous à la peine de poutines. Les statistiques fuient les courbes, les trésors craignent l’embolie en déficit des bouchées doubles, même les puits du grand or noir voudraient bien rouler des pelles dans les beaux SUV décapotables pour le printemps avant l’espoir.

Le cinéma perd son French Kiss sur l’écran blanc livré au noir, Rouge Baiser n'a plus l'affiche, ne se la joue plus derrière le tissu de la comédie et sur la piste si glacée, les patins en lourdes galoches glissent à la peine moins légers.

Baisers regrets, bisous perdus ne peuvent jamais se rattraper. Il faut relancer l’industrie, bâtir un plan, secourir les sourires, les faire respirer, filer de l'oxygène, tourner la planche à billets doux, pour consommer plus, toujours plus de bisous. Et pas question d’un premier prix pour le baiser d'une mort ultralibérale, un maître mot, produire local dans l’atelier, pour faire des poutous trente-cinq heures, même à donner des heures sup pour consommer la bise fraîche à la bonne heure.

Pas d’inventeur, pas de recherche, ni de vaccin, sans aucun test, ni de chaudron pour un médoc, le brevet des poutines s'auto-protège. Promotion des baisers, des caresses sans limite sans date ni durée pour l’année et les autres. Ce qui est fait est toujours à refaire, qui n’a pas fait a toujours plus à faire. Tous en primeur et en couleurs comme les fruits ou les légumes, des baisers courts, des baisers longs, selon chacun que cela dure et livrés toujours frais. Une poutine ou un poutou, un vrai béco avec un cœur en prime pour ceux qui font pétition « VIVRE LE BAISER LIBRE ! ». Distanciation, baisers de pixels ou d’octets, de décibels ou de sons, bises sans contact, bisous sur vitre, lèvres 3D en impression ! Bientôt, baisers fantômes sous les masques en gilet à tous les ronds-points !

Révolution, promesse d’hier, le changement, c’est aujourd’hui et maintenant. Tous en patins au festival ! Des baisers, des poutines et les yeux qui s’allument et s’embrassent, les bras serrés, les verres qui tintent, les accolades. C’en est assez !

VIVRE LE BAISER ! LOCAL ET ARTISAN ! LE VRAI !


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Aubussinne · il y a
J'aime beaucoup votre proposition. Ecrit d'abord en vers , j'ai considéré qu'une prose défendrait mieux le propos, mais les vers me démangent et leur musicalité aussi donc chacun le lit au rythme qu'il préfère . Encore merci !
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Vrac · il y a
Je vais toujours lire qui me lit, ici j'en suis ravi. J'aime beaucoup cette célébration... qui en perd presque le souffle, tant cela foisonne de baisers de toute sorte, aux mots et à la vie quotidienne embrassés.

(je me suis demandé si, avec tant d'octosyllabes, cela ne valait pas la peine de disposer le texte en vers...)

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