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Violette avec une bordure rose

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HerissonTapageur

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Le métro en juillet c’est toujours différent, il y a toujours les parisiens qui s’excusent de ne pas être en vacances et les touristes qui ont l’insouciance des vacanciers et les tenues adéquates. J’ai fermé mon livre en arrivant à Filles du calvaire. Je suis sorti de la rame et je marchais vers la sortie. En montant les escaliers je sentis le vent en bourrasque venant de dehors et cherchant à gagner le quai. Arrivé en haut, je levais les yeux. Le vent, cette même bourrasque d’orage de juillet souffla sous mes yeux la jupe légère d’une jeune femme qui marchait dans le couloir, faisant apparaître quelques instants sa culotte, violette avec une bordure rose. Seuls dans les couloirs, seul face à ce spectacle inattendu, j’esquissais un sourire, le temps s’arrêtait un instant dans l’air chaud de la station, remplissant de violet et de rose les murs de la station. Le vent a arrêté de souffler, la jupe est retombée. La jeune fille s’est retournée, a surpris mon regard et ralenti le pas. Un peu honteux, j’ai baissé les yeux et accéléré. Les couloirs ont repris leur couleur habituelle. Je suis passé à côté d’elle en regardant le sol, persuadé qu’elle me fixait d’un regard dur. Après tout ce n’était qu’un concours de circonstance, une étoile violette dans le couloir. Mais comprenant son embarras je pressais le pas vers les portes de sortie et grimpait les escaliers pour gagner la rue.
J’oubliais cet incident somme toute agréable et sans conséquence, enfin pour moi, car sans doute plus gênant pour la demoiselle. Je reprenais mes esprits et marchais dans les rues pour arriver à mon rendez-vous. J’étais chargé d’accueillir les locataires, du grand studio que ma tante proposait à la location. C’était le plus souvent des étrangers qui venaient en vacances à Paris. Pour une ou deux semaines, pour un mois ou plus, je m’occupais de l’accueil, des petits travaux, du ménage. Comme je parlais anglais et pas ma tante, cela lui rendait service. Parce qu’en fait j’habitais avec ma tante à l’époque, un vieil appartement parisien dans le même quartier, avec des couloirs et des pièces hautes de plafond. Un vrai appartement XIXème siècle. Etudiant à la Sorbonne, je profitais de Paris comme un fils de petit bourgeois. J’aurais pu avoir cet appartement, au lieu d’habiter avec ma tante, mais mes parents avaient refusé. Ils avaient prétexté que l’appartement de ma tante était très grand, que la location du studio était un revenu complémentaire pour sa retraite, que cela me ferait du bien de travailler un peu, de l’aider. Bref ils ne voulaient surtout pas payer de loyer.
J’étais passé la veille pour préparer le studio, mettre des fleurs, les chocolats, mettre les draps sur le lit. Ma tante voulait toujours qu’il soit parfait. Je passais du temps à faire le ménage pour garder l’appartement impeccable. Ma tante, une parisienne pure souche, tenait absolument à ce que l’appartement, richement meublé et décoré, soit accueillant pour les locataires de passage.
J’aimais bien accueillir les locataires, entrer quelques temps dans leur vie, toucher un peu l’intime. Certains venaient pour travailler deux mois à Paris, loin de leur famille. D’autres passaient des vacances en couple, amoureux, heureux d’habiter un temps près de place des Vosges. D’autres encore voulaient m’inviter chez eux à l’issu de leur séjour à Paris.
Arrivé en bas de l’immeuble, je consultais le dossier préparé par ma tante. J’attendais un monsieur ou madame Smith, ça n’était pas précisé. Cinq minutes plus tard, avec une valise que je n’avais pas remarquée, j’ai vu arrivé Mademoiselle Smith qui était donc la jeune fille avec la jupe volante
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