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Vilain

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Vilain, ils m’ont surnommé Vilain à l’école, y’a longtemps. Je vais tous les faire rôtir. J’étais leur souffre-douleur. Pourquoi tant de haine ?

Le moment est venu de la vengeance. Il a fallu beaucoup de temps pour les retrouver, mais, ce fut plus facile avec mon boulot de détective privé.

J’ai trouvé l’endroit idéal, une vieille ferme avec l’étable, ses râteliers et ses crochets, y’a aussi pas mal de matériels à détourner pour ce qui les attend.

Cette pute qui m’a fourré sa langue dans la bouche pour un pari dans la file d’attente de la cantine et tout le monde a ri.

Le grand qui me donnait des coups de poings dans le ventre.

Le frimeur bronzé avec ses pectoraux de salon.

La blondasse qui se moquait de moi.

Le faux érudit, fils de notaire.

Le dingue qui essayait de me violer.

40 ans plus tard.

Ca été simple de pister Lucie. Ses parents tenaient un bureau de tabac, pas loin du collège où j’étais interné. Comme, elle était assez nulle en cours, elle a juste logiquement, pris la suite de l’affaire.

Facile de l’inviter à la campagne pour des retrouvailles, elle a été ravie de l’idée, comme pour les autres d’ailleurs. Elle continue à faire des bulles avec des malabars et a 25 kilos de plus. Je m’occuperais de sa graisse plus tard, genre fondue.

Le plus réticent de la bande était devenu, comme son père, notaire.

Connaissant leurs adresses électroniques, ils furent ravis de l’invitation. Faut dire que j’avais mis les petits plats dans les grands avec photos et tout.

Un mot, style retrouvaille, après si longtemps, je pense que l’on a plein de choses à se dire.
Ps : Venez seul, ni conjoint, ni enfants, ni animaux. Histoire de se revoir dans une ambiance collégiale, N’apportez rien que vos souvenirs.

Ils sont arrivés les uns après les autres dans ma ferme-auberge s’attendant à une grande fête.

La vengeance est un plat qui se mange chaud, rouge sang.

Les voilà, les uns et les autres autour d’un verre de champagne, évoquant le passé, sortant des blagues faites au pion et aux profs, en cours, à la cantine et au dortoir. Ils avaient l’air joyeux, dans cet endroit perdu, sans savoir ce qu’il se passait vraiment, au vu des caméras de surveillance, car, je n’avais pas encore fait mon apparition.

J’avais sorti le grand jeu, c’est à dire que chacun avait un numéro à tirer au sort pour savoir qui commencerait la partie.

Là, les questions fusaient, de quelle partie s’agissait-il ?

Les cartes étaient dans une jarre noire.

Ils ne savaient rien du jeu à venir.

Enervés, les discussions fusaient. Tout et rien.

Avec des excitations feintes.

On sentait déjà dans l’air une sorte de mal à l’aise.
Sur un écran géant passait des clips musicaux à la lourde basse de Massive Attack.

Je suis arrivé déguisé en Edouard aux mains d’argent.
Sourires et rires amusés, sauf, que les lames étaient en acier véritable.

Plus tard.

Drogués, via les petites bulles, ils sont maintenant tous attachés, les yeux bandés, le crâne rasé avec la tondeuse à mouton, nus et apeurés dans la grange fatale, car, tout est fatal.

Puis, j’ai raconté mes calvaires et mes histoires, les heures de supplices et les insultes faites à ma vie.

J’ai expliqué mes souffrances et mes malheurs.
Mon doberman est à mes côtés, vigilant.

Il n’y aura pas d’action ou vérité, seul, les cris seront leurs musiques, j’ai mis du Beethoven à fond, en boucle, depuis deux jours et deux nuits ; ils n’ont rien mangé, ni bu.

Il faut accélérer la sarabande, je vais commencer par l’idiot du village, le grand niais qui me tabassait au fond de la cour de récré.

Evidemment, le moteur de la tronçonneuse fait peur au début, il est plus petit maintenant sans ses jambes, il vit encore, car, j’ai fait des garrots au-dessus de ses cuisses. Pareil avec les bras. Homme tronc, je vais le laisser vivre encore pour qu’il jouisse du spectacle, celui de trancher au scalpel, en fine lamelles, son sexe recroquevillé.

La pute du tabac a le dos épinglé de plusieurs hameçons à requins, elle est suspendue à deux mètres de hauteur, la langue coupée au sécateur. Sa graisse dégouline par les tuyaux serpentins enfoncés dans ses hanches, dans un bac.
Comme elle adorait le base-ball, je lui ai éclaté les os avec une batte, on dirait un pantin sans fil. Ses fémurs ressemblent à des excroissances de poulet trop cuit.

La blondasse, les ongles arrachés, dommage, je lui ai coupé les doigts à la cisaille et ses gros nichons qui pendaient. J’ai commencé à lui arracher la peau, une belle pelure, ça saigne, j’ai un tablier de boucher en cuir.
C’était marrant de voir son cœur, après avoir ouvert son thorax, je l’ai arraché avec mes ongles noirs et le lui ai enfoncé dans la bouche, grandement ouverte, ah, des incisions malheureuses.

Le violeur a un manche de fourche enfoncé très loin dans l’anus, je pense qu’il hurle, parce que, il remonte très haut dans ses intestins.
Mais, ce n’est pas suffisant, je pousse encore, je pense que le gros colon est percé. Gros dégueulasse ; avec la pince à bec, je lui ai arraché la glotte et les dents.
Il convulse, c’est drôle de voir son corps se trémousser.

Le frimeur a avalé un peu trop d’eau de Javel, histoire de voir si la décoction fonctionne à l’intérieur, bizarre, il est tout mou et bave de la mousse.
J’ai aussi mis en route la pompe à air. Direct dans la trachée, maintenant, il ne voit plus rien, ses orbites ont explosées. Y’a aussi des morceaux de cervelle qui sortent des oreilles aux tympans déchirés.

J’ai gardé mon tortionnaire préféré pour la fin, le notaire. Jacob, mon chien lui a dévoré les couilles et se délecte de ses intestins.
Avant, il a eu droit à une leçon de chose, comme celle de la grenouille avec des clous de charpentier enfoncés dans les rotules et autre balivernes. Sans oublier les fils reliés à la batterie qui lui font danser le jerk.
J’adore le couteau de boucher, celui qui sert à tanner. Comme la lame est longue et affilée, j’ai pas eu de mal à l’éplucher, lui aussi. J’aime ça, et aussi, la découpe des paupières.

Bref, tout ce beau monde va finir dans le feu du diable. C’était leurs destins, non ?

Y’a la cuve en cuivre, je vais faire de la confiture avec leurs corps. Faut juste les découper, puis rajouter quelques ingrédients, comme de la soude caustique et une pincée de piment de Cayenne. Ah, j’ai oublié l’essence.

Y’a plus qu’à craquer une allumette.

Par ce qu’ils commencent à sentir, je déteste.

J’ai encore d’autres trucs à régler, mais, c’est une autre histoire.

Tiens, je me rappelle de toi qui m’a humilié.

Tu as un mail de bienvenue dans ma nouvelle ferme rouge, quelque part dans le Sud.

J’ai pensé à un nouveau jeu ; attaché sur une table d’autopsie, j’envisage un barbecue avec des tranches de ton corps. Bien sûr, tu resteras vivant en hurlant.

Oui, j’ai envie de jouer au docteur sadique et personne ne pourra t’entendre, sale con.

Fallait pas m’appeler.

Le Vilain.

PRIX

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JACB · il y a
Ils avaient raison, votre personnage est un vilain qui les surpasse...Je me suis fait violence pour lire tous ces supplices dignes du jardin des délices de BOsch, j'ai eu l'impression de patauger dans le sang...Votre imagination est redoutable Edouard !
Viendriez-vous prendre un NOIR chez moi sans vos mains d'argent ?
Bonne chance à vous.

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Cnslancelot · il y a
Une vengeance sanglante à souhait. Le vilain aime ses proies saignantes on dirait ! :-) Je vote !
J'ai moi-même un peu l'esprit de torture avec mon texte que je vous invite à retrouver ici : https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/les-tourments-incandescents-2

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Virgo34 · il y a
La vengeance est un plat qui se mange froid ou… chaud… surtout quand elle est sanglante...
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Sabrina Guerreiro · il y a
C'est sanglant à souhait ! Waow !
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Mireille Bosq · il y a
Excessivement gore. Chacun ses goûts!
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Michaël ARTVIC · il y a
Tient si on s'donnait RDV dans 40 ans pour régler les comptes !!
La vengeance est un plat qui se mange chaud, rouge sang. +5 et bonne chance

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Florence Defaud-Carabin · il y a
J'adore! Je me suis crue dans un film d'horreur, style Saw ou Détour Mortel! Toutes mes voix!
Je vous invite à venir faire un détour dans l'Océan Indien pour visiter L'auberge de La Fournaise: https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/lauberge-de-la-fournaise
A bientôt et bonne continuation! :)

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Frédéric Chaix · il y a
Oh mais c'est que vous êtes aussi méchant que moi, on nage en plein SAW, je vous préviens votre texte va pas plaire à tout le monde, ici (sur Short) on préfère les trucs plus familiaux en général ;-)) beaucoup moins les goreries dans votre genre.
Bref, je vais faire un peu de pub à un texte que j'ai particulièrement aimé de RZN, nouvelle particulièrement malséante et, très légèrement, atroce :
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/canicule-43

Et puisque vous êtes dans la vengeance crasse, mon propre texte qui concours pour le grand prix d'automne (désolé je ne m'auto promotionne pas en temps normal mais là on a une certaine proximité vengeresse dans nos textes, alors je me publicite un peu) :
https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/la-grande-bouffe

Et mes voix, cela va sans dire.

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Jean Calbrix · il y a
La vengeance est un plat qui se mange... saignant ! Bravo, Edouard ! Vous avez mes cinq voix !
J'ai un sonnet en finale été qui devrait ne pas vous déplaire : https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/indian-song