Vie rêvée...

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Bonjour ! Amusement, émotions et aventure, j'aime partager tout cela dans mes écrits. C'est la première fois que je m'essaye au "très très court". C'était un challenge, mais aussi un plaisi  [+]

« Be happy ! » c'était ce qu'indiquait le paillasson de la maison. Je saisis la poignée. Elle se moula à ma main. Un chuintement se fit entendre et la porte s'effaça pour me laisser passer.
Des hurlements de joie m'accueillirent. Deux bambins blonds se jetèrent dans mes bras en m'embrassant et telles deux tornades montées sur ressorts, ils repartirent en criant :

-Papa, Maman, tante Sarah est là !

Bientôt, je vis apparaître dans le hall, un couple enlacé qui me sourit avec affection. Comme d'habitude, j'eus un coup au cœur en les voyant tous deux, aussi amoureux qu'au premier jour. Parfois, je me disais qu'il aurait mieux valu qu'ils ne se rencontrent jamais.
Il fallait en finir.
Je sortis l’arme de mon sac.
Les larmes aux yeux, je visai et tirai. D'abord sur Lisa, puis sur Max et Léa qui s'effondrèrent en tenant leur petite poitrine ensanglantée, un air d'incompréhension douloureux gravé sur leurs traits enfantins. Mon frère me fixa d'un air dévasté puis hurla :

-Tu es folle ? Tu les as tués !

-Je le devais. Ils t'empêchaient de vivre.

-Tu n'as pas le droit !

-Ils sont morts David.

-Nooon !

A ce cri, les trois corps disparurent. La porte du salon s'ouvrit. Trois silhouettes s'y profilèrent.
J'avais encore échoué.
Quand je rouvris les yeux j'étais allongée dans une chambre d'hôpital. J'ôtai le casque et fixai mon frère endormi en face de moi. Cela faisait un an qu'il était dans cet état.
Après le décès de Lisa, Max et Léa dans un accident de portail téléportatif, il avait sombré dans une dépression dont rien n'avait pu le tirer si ce n'est cette expérience où il s'était inscrit.
Des chercheurs avaient inventé un appareil de réalité virtuelle si performant que le porteur ne s'apercevait pas de la différence. Le corps ressentait tout ce que le cerveau percevait.
Au début, David avait semblé aller mieux. Il rayonnait en me racontant les moments qu'il avait passés avec sa famille, mais à mesure que l'expérience approchait de son terme, il était devenu de plus en plus morose.
Le dernier jour, on l'avait trouvé allongé sur son lit, le casque sur la tête, souriant béatement. On le lui avait enlevé, mais il ne s'était pas réveillé.
Les savants avaient découvert que son cerveau s'était mis à produire de lui-même les ondes dégagées par le casque. D'après eux, seule sa volonté pourrait le ramener dans le monde des vivants. On avait trouvé le moyen de me connecter à la fréquence des ondes émises par son cerveau.
Depuis, j'étais autorisée à lui rendre visite une fois par mois...
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