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Megancolie.brute

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Et il y avait toujours ce sentiment, en arrière-plan. Il m'arrivait de l'oublier, de ne plus penser à lui, mais il revenait souvent. Enfin peut-on appeler le vide un sentiment, je n'en suis pas sûre. Sensation donc, si dévastatrice, fourbe et triste à la fois. Je me noie.
Il me supplie de lui succomber, et je cède encore. Je suis faible aujourd'hui , et il l'a ressenti. Il s'est alors doucement glissé près de moi, pour s'insinuer ensuite dans mon esprit. Mais ça ne lui suffit pas non, il finit par couler le long de mes veines, par transpirer de mes pores. Par me bloquer la vue, l'ouïe, puis finalement la vie. Je ne meurs pas non, pas complètement, simplement qu'un morceau de moi se détache, tombe en grains. La poussière s'envole pour ne jamais revenir à moi. Je me désagrège.
Je me questionne sur toutes ces choses: le rôle d'une vie, mon rôle à moi surtout. Enfin je m'apitoie sur mon sort. Oh le vide est si fort pour cela. Il nous rabaisse, nous blesse sans jamais cesser sa morne valse. Jamais il ne cesse, jamais il ne nous laisse. Tristesse, colère, haine c'est tout, c'est tout ce que nous ressentons.  Je me perds.
Je suis submergée, mes mots filent comme ma vie. Je m'attriste et glisse au fond de ce profond abîme. Et je lisse mon visage pour paraître pleine de joie, fiction si complexe de l'âme. Je ne sais que faire sauf pleurer, râler, crier; il n'y en a jamais trop, jamais assez. Cycle infernal, je rame dans l'infini océan de pensées qui m'avale. Il me soudoie une dernière fois, pour m'achever, comme chaque fois. Et là je craque, il gagne comme chaque fois. Petit bout vide je deviens, je me renferme et me terre. Les autres je n'ai que faire quand de mon malheur je me meurs. Et je ne supplie plus, je n'en ai pas la force. Alors je subis, je suis simplement vide.
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