Une rencontre

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Quand je suis arrivée à la maison de repos, je restais dans mon coin...je vous l’ai dit je cherchais toujours l’isolement.
Alors je sortais seule dans le parc ; mais on rencontre des gens dans le parc, des gens à qui l’on adresse un sourire. Malgré tout, le masque reprend sa place sur votre visage. On n’a pas le droit de faire vivre à ceux qui portent le poids de leurs malheurs, notre propre souffrance.

Alors par la fenêtre, je jetais en coup d’œil dans la salle du bas, la salle « fumeurs ». Chouette, elle était vide...
Alors je m’y suis rendue, mon livre et mes clopes sous le bras. Je me suis installée dans un coin, recroquevillée dans un fauteuil, et je me suis plongée dans la lecture de mon livre. Des larmes perlaient de temps en temps que je m’empressais d’essuyer...

Mais là bas, la solitude ne dure pas très longtemps...Ben est entré :
« T’es nouvelle toi » « oui, je suis arrivée hier »
« Moi, y’a déjà une semaine... » Silence !
Ben à nouveau : « qu’est-ce que tu lis ? »
« HAMLET »
« Ah, Madame est une intellectuelle » dit-il avec un grand sourire
Alors, d’un seul coup, sans avoir pu retenir mes larmes, je lui avoue :
« Je n’avais jamais lu cette pièce. Je n’avais jamais lu Shakespeare. Ma fille n’avait rien laissé pour moi que ce poème "Etre ou ne pas être" qu’elle aimait à déclamer... »
Et alors, je lui ai parlé du suicide de mon enfant,, de mon incompréhension...

Il est parti quelques instants, puis à son retour dans la salle, il m’a tendu une revue.
Il m’a pris mon bouquin des mains et d’un grand sourire m’a dit :
« Je te le prête et je t’en prêterai tous les jours...Viens, tu ne seras plus seule dans ton coin... »

Et ce soir là, je me suis retrouvée, embrigadée dans un groupe de personne...et ce soir là, j’ai même su rire de leurs blagues

Merci à toi, Ben ! Je ne te reverrai jamais plus, ainsi va la vie...
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