Une porte dans le brouillard

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Un hameau de campagne habité par un groupe d’amis soit quatre couples. Ce n’était pas évident de trouver pile-poil l’ensemble de maisons qui nous convenait. Nous nous sommes donné la main pour les transformations et les aménagements. Nous avons tous pris une semaine de vacances pour déménager ensemble. Semaine du premier novembre. La date n’était sans doute pas la mieux choisie. Il faisait gris déjà très froid et, comble de malchance un épais brouillard, une ouate humide grise de grise enveloppait toute chose. Cela avait duré toute la semaine. Heureusement nous avions chaque soir pris nos repas en commun oubliant le sale temps extérieur. Dernier soir, chacun sa bouteille Pierre et Anne nous recevaient.
Trois heures du matin. Deux mètres de visibilité. Chaque couple regagne, à pied, sa maison. Des cris percent la nuit. Deviennent assourdissants. Ils ont fêté halloween, ce n’est pas pour ça que la sorcière s’est réveillée ? Cela vient de la maison du fond, celle du plus jeune couple Jacques et Monique. Les deux couples qui n’étaient pas encore rentrés chez eux accourent. La porte est grande ouverte, une lampe est allumée. Quatre voix appellent à tue-tête. Dans la maison, personne. Un rire leur répond, un rire sardonique. Ils se serrent les uns contre les autres. Ils frissonnent. Se prennent les mains. Font le tour de la maison. Personne. De retour à l’intérieur ils crient le nom de leurs amis :
- Arrêtez, vous nous faite marcher.
- Jacques, Monique, ou êtes-vous ?
Pour réponse toujours ce rire qui leur perce les tympans.
- Si on regardait à la cave ?
- Tu sais bien qu’ils n’y sont pas encore descendus.
- Mais oui on a assez plaisanté en disant que leur vin avait tournée parce qu’il était resté au chaud !
- Bon, moi j’y vais, dit Gilles en allumant la lampe de son téléphone.
Les cœurs restent en suspens. Assez facilement la porte s’ouvre sur un escalier en bois. Chaque marche grince. Un hibou dérangé au milieu de sa nuit s’envole frôlant le visage de Gilles et des deux femmes restées dans l’embrasure de la porte. Elles poussent un cri de terreur. Une souris leur passe entre les jambes. Elles tremblent de tout leur corps.
- Il y a du bazar d’entreposé partout. Cela ne peut pas être à eux. Nous avons fait le déménagement ensemble et nous n’avons rien vu de ces choses ? Claude vient voir.
- Nous de Dieu qu’est-ce que c’est que ce bordel ? T’as vu tous ces masques ? Ces bougeoirs...
- Le plus grave ils ne sont pas là. On va ouvrir les malles ?
- Entre la poussière et les toiles d’araignées il y a longtemps qu’elles n’ont pas été ouvertes.
- Jacques et Monique sont où ? Ils n’ont pas pu se volatiliser ?
- Sur les marches c’était du sang ou de la peinture ?
Le cri des deux femmes restées à l’étage leur fait lever la tête. Ils oublient la cave et remontent.
Elles sont blotties dans les bras l’une de l’autre et tiennent à peine debout.
- Un fantôme tout noir nous a frôlé et s’est enfuit en courant.
- Ce n’était pas jacques qui vous faisait une farce ?
- Non impossible il était très grand au moins deux mètres.
- Il faut les retrouver.
Un grand clac les fait se retourner.
- Zut la porte de la cave. Comment a-t-elle pu se refermer toute seule.
- Regarde le manteau de Monique est sur le canapé. Donc ils sont bien rentrés ?
- Il faut redescendre à la cave. Je prends le tisonnier. Les chaussures de Jacques. Près de la cheminée ? Bizarre qu’il les ait enlevées là !
- On descend avec vous. Moi je ne reste pas seule en haut, dit Marie.
- Moi non plus, ajoute Sophie.
- Ok on y va tous les quatre. Ferme la porte d’entrée.
Ils doivent se mettre à deux pour pousser cette maudite porte.
- Je l’ai ouverte facilement tout à l’heure ? C’est à n’y rien comprendre.
- Tu confirmes c’est bien du sang sur les marches ?
- Pour moi, oui !
- Quatre téléphones allumés avancent à pas de loup sur l’escalier.
- C’est un repaire de vaudou ou de sorcier, cette cave. Dit Sophie. Les chandeliers, les vases, des lanternes, les blouses noires pendues sous les masques et les cranes sur cette étagère. On ne peut pas allumer ?
- Non apparemment il n’y a pas d’électricité.
- On ouvre les deux malles ? Attention, j’espère que ce n’est pas un piège.
- Quatre corps debout en alerte. Gilles à l’aide du tisonnier ouvre la première.
Quatre têtes se penchent et poussent un cri d’effroi : des ossements humains !
- Ceux là sont morts depuis belle lurette.
- Ouvre l’autre demande Claude.
- Même scénario seulement cette malle contient des cheveux, des scalps.
- Et cette boîte ? dit Marie.
Claude l’ouvre sans difficulté : des bijoux !
- Sous le tas de capes au fond, c’est quoi ?
- Des marmites. Vous croyez que dans cette maison il y a eu un assassin anthropophage ?
- Mes alors où sont-ils ? Où sont Jacques et Monique ? Apparemment il n’y a pas de porte secrète ? Ce grand fantôme qui vous a bousculé, est-ce un ancien habitant de la maison ? Est-ce lui le cannibale ? A-t-il pu emporter nos amis ?
Les quatre amis vont frapper chez Pierre et Anne. Pierre la main sur la poignée de porte ouvre de grands yeux devant la mine apeurée de ses amis. Les femmes plus blanches qu’une robe de première communiante.
- Mais qu’est-ce que vous faites encore dehors ?
- Jacques et Monique ont disparus.
Ils ne comprennent pas le fou-rire de Pierre.
- Entrez, entrez...
Là, les quatre amis sont au bord de l’évanouissement : Jacques et Monique sont confortablement assis au salon en compagnie d’Anne.
- Vous savez bien que Jacques avait oublié sa bouteille ? Alors il a voulu à tout prix me la rapporter ce soir et nous nous sommes mis à discuter.
Venez nous aider à la finir !

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Les Histoires de RAC · il y a
Faut en faire un court-métrage !
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Patricia Burny-Deleau · il y a
Ouf pour ce soir mais ils voudront peut-être déménager !
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Sandrine Michel · il y a
Les dialogues rendent le texte vivant, je ne me suis pas ennuyée et j'ai apprécié
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Keith Simmonds · il y a
Une œuvre bien menée, intéressante et pleine d'imagination, Maria! Mon soutien ! Une invitation à frissonner, à sentir cette “Odeur de Mort” qui est aussi en lice pour la Matinale de la Mort en Cavale 2019. Merci d’avance et bonne journée!
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/odeur-de-mort

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jc jr · il y a
Et alors, qu'est devenu le fantôme ? Je suis sur qu'il va revenir et manger tout le monde ! A table. Et si vous veniez pousser ma porte ?
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/la-porte-des-histoires
JC

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Chateau briante · il y a
on a souvent tendance à imaginer le pire !
un final rassurant

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michel jarrié · il y a
Heureuse issue d'un récit bien mené.*****
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Sylvie Talant · il y a
Le pitch est intéressant et la conclusion vient nous remettre les pieds sur terre.