1
min

Une part de moi

Image de Fabien Hoarau

Fabien Hoarau

5 lectures

0

Il eût un temps, autant que je me souvienne, quand je n'étais pas plus haut que deux pommes,
Il m'arrivait d'avoir des rêves.
Un rêve en particulier, un cauchemar à vrai dire récurrent

Planté dans une forêt désolé,
Je cherchais du regard
Une issue ou bien une entrée

J'étais entouré d'un silence
Sourd et assommant
Dans une brume piquée

Une trompette sifflait
Derrière les collines
Au-delà de l'orée

Des bruits sortaient du sol
Et des gobelins dont quelques autres monstres déformés
Sillonnaient les formes de l'univers et l'ambiance étrange

Le sentiment de survie
S'échappait des regards noirs
Aussi noire que la nuit

Je sentais la haine s'installer
Et je sentais aussi le danger de ma personne
Au milieu d'une bataille
Où un seul être allait se retrouver
Vivant ou blessé voire mort

Les armes poussaient
Au bout des mains,
Contrairement aux miennes
Qui ne faisait que de trembler
Sans rien sortir

Pas une lame, pas une masse,
Rien que mes paluches

Une nouvelle détonation tonnait,
Le massacre pouvait commencer

Tout le monde, ainsi que moi,
Nous portions le collier d'urgence au cou
Au plus profond des bois en courant,
Qu'importe les obstacles

Un arbre séché?
On l'écrabouillait

Une créature sur le chemin?
On l'égorgeait
Jusqu'à ce que sa tête soit tombée

La furie hurlait sous les feuilles,
Les cris des bêtes donnaient
Un froid dans mon dos

Arrivé au bout de la forêt,
Des éclairs scintillaient
Dans le ciel sans un bruit

On se retrouvait dans un désert
Bleu ou rouge,
Ou un peu des deux

Nous n'étions plus qu'une dizaine
Qui s'arrêtait pour regarder à l'horizon

Il y avait au loin,
Une pyramide de cristaux
Et d'autres gemmes entre les pierres brutes

Au sommet de ce triangle hypnotique,
Une forme de femme
Dans des draps de voiles portées par le vent
Suppliait la venue de l'un d'entre nous

D'où j'étais,
Pas un souffle ne m'effleurait,
Ni même mes essoufflements sur ma peau,
Aucun vent, aucun

Derrière la femme aux airs d'ange,
Des planètes
Ou bien une simple éclipse
De la lune mordant le soleil,
Lançait un faisceau éclairant
En nous montrant le dernier chemin à concourir

Une sonnerie plus lourde et plus basse
Grimpait de nos pieds à nos jambes
Qu'on remontait jusqu'au bout

La deuxième course
Était plus agitée que la première

La bave s'envolait des bouches
En un semblant de fils d'arachnides
Et les yeux s'écarquillaient
Point loin de sortir de leurs orbites

Tous sprintaient vers la flamme
De la femme qui souriait

Après quelques esquives
Et d'autres crânes percés sous mes coudes,
Je me démenais à franchir
Les marches du bâtiment pointu

Aux pieds du corps céleste enfin,
Elle daignait de se tordre la nuque
Pour me regarder sur tout mon long

Mes bras s'élançaient
Vers elle et au-delà,
En pouvant toucher la toile
D'un univers d'étoiles
En une porte cosmique
Qui tournoyait avant de s'ouvrir
Vers une lumière apaisante

Même les créatures agonisantes
Retrouvaient la paix sans la douleur
Sous le hurlement d'un ange ou d'un démon

C'est à ce moment ci que je me réveillais avec l'incompréhension.
Ce cauchemar ou bien ce rêve, je ne sais plus vraiment, je la contais pour la deuxième fois depuis son retour d'hier.

Thèmes

Image de Très Très Court
0

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,