Une journée à Bachat bouloud

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Technicien de métier, pour des besoins compréhensifs de survie, mais l'âme d'un artiste. Musicien, mais pas que, amoureux d'écriture, tourne en scénario et film chaque situation de la vie. Envie  [+]

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And so it was, that later
As the miller told his tale...
En cette fin de matinée, la musique est en harmonie avec la nature. Cette jolie chanson qui passe dans l’auto radio remplie de sons d’orgue rempli mon cœur.
C’est l’été 1967.
Tout est beau, le ciel bleu au-dessus de nos têtes, les sapins, ces forêts. Cette route sinueuse à travers la montagne nous emmène vers le lieu de notre pic nic tout d’abord, puis à Bachat Bouloud près de Chamrousse. Là nous attend mon frère. Il est en colonie de vacances. Bachat Bouloud est un village d’enfants, accueillant l’hiver des classes de neige, et l’été des colonies de vacances.
Turned a Whiter Whade of Pale.
La chanson de Procol Harum vient de finir de jouer.
Mon père décida de s’arrêter pour admirer le paysage. Nous descendîmes de voiture, et sans un mot tous alignés sur le bord de la route, admirions en contrebas, les champs, les troupeaux de vaches, les sapins. Des papillons se mêlaient à cette farandole. En levant les yeux, j’apercevais les cimes des montagnes. La chartreuse au loin verdoyante, et sur la droite, le massif de Belledone avec quelques sommets encore enneigés. Je pris une carte dans la voiture et refit le chemin parcouru avec mon doigt. Lyon, la route nationale, Grenoble, puis route de Chamrousse. Au loin, un village et le clocher de l’église sonna midi. Le soleil illuminait ce paysage.
C’était le début de l’été, l’école était terminée et cette première année de collège fut une bonne année, non pas pour les résultats scolaires, puisque j’étais un élève moyen mais parce que j’ai rencontré une petite fille de mon âge qui prenait souvent le car avec moi. Elle habitait tout près de chez nous, Je crois que j’étais tombé amoureux.
Nous avons repris la route et j’ai eu un moment de nostalgie en pensant que pendant ces vacances scolaires, je n’allais plus revoir mon amoureuse. Ce sentiment de tristesse était accentué par le paysage qui s’assombrit. En effet la route pénétra dans la forêt, dense, touffue, malgré les jeunes pousses d’un vert plus clair, la gaité ne revint pas, l’espoir non plus.
Nous nous sommes arrêtés de nouveau pour contempler ce bois. De grand sapin majestueux se dressaient, le sol était jonché d’aiguilles de pin, de lierre et fougères. Je m’aventurais parmi les grands arbres, détaillant les écorces de sapin, touchant la sève qui coule, je fouillais des yeux le sol, écartant de mes pieds les grandes feuilles des fougères, à la recherche de je ne sais quoi d’ailleurs, puisque, peu habitué de marcher dans la nature. Nous habitions au centre de Lyon, alors tout ici était sujet à découverte et émerveillement. Les genêts sont en fleurs aussi. Je ramassais aussi quelques petites pommes de pin ou des petits bâtons aux formes insolites, habitudes de gosses, comme souvenirs. C’est la première fois de ma vie que je vois la montagne. Quant aux bruits, je veux dire au silence, il était rompu par les chants d’oiseaux, des crissements de feuilles mortes. On entendait aussi la cime des arbres plier sous le vent. Elle est belle cette nature, tout près de Grenoble.
Là, là, il y a un beau pré ensoleillé ! Arrêtons nous pour déjeuner ! Nous avions repris la route, oh pas longtemps !
La vue y est magnifique. Nous avons déjeuné sur l’herbe. Les italiens ne pic nic pas comme les français. C’est un peu moins organisé, mais plus copieux ! Ma mère nous avait préparer des choses typiquement italiennes, des antipasti, des panini, les vrais, et des gâteaux bien sur... et la thermos de café !
Dépêchons nous d’aller à la colonie, Mario nous attend.
Mario mon frère aîné était là pour le mois de juillet. Ce camp était organisé par le père Jacques Ruplinger. Un prêtre qui s’occupait de la MAJO du quartier. La Maison des Jeunes Ouvriers. Ce père l'avait imaginé, créé et équipé. a la MAJO des activités de loisirs et rencontres sont proposées pour éviter que les jeunes ne traînent dans la rue après l’école où le travail. Un Saint homme qui a fait beaucoup pour le quartier et les familles défavorisées.
Nous voilà arrivé, Mario et les moniteurs nous ont accueilli, nous avons passé l’après-midi ensemble. Il m’a montré la cabane qu’ils ont construit ses copains. Nous avons joué au ballon dans les prés, à cache cache dans la grange. Une promenade dans les sentiers à la rencontre des vaches.
Nous avons couru dans les herbes hautes en riant, le soleil et le vent caressaient nos visages, quelle sensation de bonheur.
Nous avons goûté, maman avait préparé un bon gâteau au chocolat et aux noix de Grenoble et bu de l’orangeade. Nous avons su comment était rempli les journées des enfants en colonie.
Le soleil déclinait, on sentait à la fraîcheur qui tombe,. Alors nous reprîmes la route pour Lyon.
C’était de toute beauté, la lumière devenait jaune, orange dans les arbres, l’horizon rougissait. Nulle doute que nous allions assister à un beau couché de soleil d’autant plus que le ciel est très clair, pas un nuage, ni de brume. C’est cela la montagne, quand le ciel est dégagé, alors le ciel est limpide.
L’étoile du berger suivait le soleil dans son déclin.
Quel magnifique voyage, une belle route, au milieu des prés où les vaches sont reines, des maisons aux toits pentus, d’ardoise ou de tôle, puis les forêts de sapin, des ruches par ci par là, et au fur et à mesure de la montée des chalets en bois, aux madriers épais et colorés. Un enchantement pour les yeux. Du coup mon petit coup de chagrin que j’ai eu en voiture, est passé aujourd’hui, mais le retour à Lyon me refera penser à mon amie, c’est sur elle me manque trop !
Le soleil toucha l’horizon, puis rapidement s’enfonçait derrière la terre. Il ne restait plus qu’une lueur rouge orangé à l’horizon pour terminer cette belle journée en Isère.
A refa ire ! Dans quinze jours ! Vivement dans quinze jours !
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Adlyne Bonhomme · il y a
J'ai beaucoup aimé, bravo!

Une invitation à soutenir mon poème ''je tresse l'odeur'' en finale merci.

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Kiki · il y a
en vous lisant on voit des petits morceaux d'enfance. C'est agréable. J'ai aimé vous lire et vous le fait savoir. Bravo
Je vous invite à aller lire le poème en finale sur les cuves de Sassenage. Si vous venez je vous guiderai dans les entrailles de cette terre sacrée et de cette cavité magique et enchanteresse. Merci d'avance

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Colya · il y a
merci beaucoup cher lecteur. L'écriture est nouvelle pour moi, malgré les nombreuses idées que j'ai. je n'ai diffusé que quelques textes, car touché par le syndrome de la timidité et se la discrétion. Tous ont été écrit grâce à une extrême motivation. J'ai souvent au cours de mes journées des étincelles qui me disent que tel situation pourrait faire l'objet d'un développement. Les souvenirs de ma jeunesse sont nombreux et j'aime me les repasser dans ma tête.
Je vais lire les cuves de sassenage.
Merci encore. C'était inespéré.