un chauffe-eau récalcitrant

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Retraitée, amoureuse des livres depuis toujours, j'ai toujours aimé écrire. Le format court ou très court me convient à merveille. J'aime la magie, les contes de fées et la science fiction. J'ai  [+]

pour ceux qui ont aimé les aventures du Père Mathieu et de la Paulette, voici la suite :

Ce matin là, le Père Mathieu était dans son jardin à biner ses tomates. Il lui vint soudain une envie pressante et, comme à son habitude, il alla se soulager sur sa haie du fond. Il était tout heureux sous ce beau soleil de juillet quand il entendit une voix l’appeler :

- Holà, le Père Mathieu. Comment ça va-t-y ?
- Putain de bordel de merde de cul de mammouth à poil laineux, v’là qu’on peut même plus pisser tranquille ! Qui c’est-y qui vient encore m’ambiancer à c’t’heure ?
- C’est moi, la Paulette !
- Sacrée vieille bourrique ! Vous voyez bien que je suis occupé !
- J’y vois bien. Occupé à pisser sur ma haie !

Le Père Mathieu termina son affaire, se reboutonna et lança :

- Comment ça votre haie ? C’est la mienne autant que la votre ! Et qui c’est qui la taille, hein ?
- Oui, je sais bien. Mais ce n’est pas de ça dont je veux vous entretenir.
- M’entretenir ? Vl’à que vous causez bien ce matin. Qu’est-ce que vous avez encore à me demander ?
- Ben, c’est mon chauffe-eau. Il est en panne et je n’ai plus d’eau chaude. Alors, comme vous me l’aviez bien remis en état la dernière fois, je me suis dit...
- La dernière fois je vous ai dit qu’il était aussi vieux et branlant que vous, vot’chauffe-eau ! Y’a pas à tortiller ! Faut le benner et en acheter un neuf !
- Vous savez bien que j’ai pas de sous !
- Pas de sous ! Ah ! je me marre ! Et le magot qu’est planqué sous vot’matelas, c’est pour vos vieux jours ? Mais ma pôv’ Paulette, y’a longtemps que vous y êtes à vos vieux jours !
- Chut ! Z’allez quand même pas ameuter tout le quartier en leur disant où je cache mes sous ?
- Bédame, Discrète comme vous êtes, tout le quartier y sait déjà ! Bon, je viens voir votre engin.

Le Père Mathieu sortit de chez lui et alla chez sa voisine.

Il démonta le chauffe-eau, l’examina et dit :

- C’est bien ce que je pensais. Il est comme vous : tout vieux, tout calaminé et à moitié rouillé.
- On peut y faire quelque chose ?
- Pour vous, c’est mort, c’est trop périmé, mais pour le chauffe-eau, je vais le nettoyer un peu et ça devrait repartir. En plus il y a une pièce toute tordue. J’vais essayer de redresser ça en faisant levier avec le tournevis. Mais, faut y aller doucement, pas tout péter.

Le Père Mathieu était en plein effort quand la Paulette poussa un hurlement. Il sursauta. Le tournevis ripa et alla s’encastrer dans le brûleur mettant définitivement un terme à la vie du chauffe-eau.
- Mais vous êtes malade ! Qu’est ce qui vous prend à bieurler comme ça !
- Là ! Une araignée ! j’ai horreur de ça.

Le Père Mathieu éclata de rire et dit

- C’est dans vot’tête qu’elles sont les araignées, ma pôv’ Paulette. En tout cas, grâce à vos hurlement, j’ai l’honneur de vous annoncer que vot’chauffe-eau est complètement décédé. Va falloir sortir la cagnotte de dessous la couette.

Il repartit chez lui en sifflotant et se dit :

- La bourrique, elle est bien capable de se geler la couenne en se lavant à l’eau froide plutôt que de dépenser ses sous. Enfin, ça lui rafraîchira les idées en même temps que le reste.
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