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Un bouchon Lyonnais

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Juliane Ginger

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Un bouchon Lyonnais oui mais...

Au bout de 5 heures ce serait ma récompense. Enfin un moment propice à un rendez-vous très spécial, un moment rien que pour moi, qui avait été décidé dans la précipitation, une adresse arrachée dans un magazine et l’envie de bouger un peu.

A peine sortie du bureau, j’empruntais déjà l’autoroute du soleil par ce printemps si doux qui me caressait le visage au travers des vitres. J’exultais en pensant à ces instants que j’allais savourer seule, égoïstement.

Mais au fur et à mesure de ma route, je voyais reculer l’arrivée sur mon GPS, un peu comme si mon bras se tendait pour atteindre un objet sur le haut d’une étagère et qu’il glissait entre le bout de mes doigts.

Ma belle assurance et jovialité fut mise à l’épreuve lorsque ralentie par le flot de circulation je découvris à ma gauche une décapotable puis deux puis trois. Elles avaient du avoir toutes leur permission de sortir au même moment. Leurs conducteurs lunettes de soleil plaquées sur le visage jouaient les » James Dean  » et moi je venais de découvrir au même instant un nouveau genre d’individus, ceux qui restent à gauche invariablement.

Bref, une bande de fils de lama en rut qui en raison d’un égo sur-dimensionné devait, pour laisser passer leur grosse tête, décapoter leur bolide.

Le temps me parut une éternité et je réalisais aussi que je détestais profondément ce genre d’individus, qui vous toise d'abord et vous regarde ensuite au niveau du décolleté quand vous avez 25 ans et qui à 50 ans vous méprise et vous traite déjà de 3ème âge alors que vous pourriez juste être leur mère, respect quoi !

Ben non, il n’ y avait aucune once de respect juste leur monde et eux au milieu et tous les autres devaient juste tourner autour ou se pousser pour leur faire de la place.

L ‘un d’eux, me collait depuis un moment passant de derrière moi puis me doublant puis se rabattant, un manège qui faisait vrombir son moteur quand il accélérait ce qui figeait un sourire indélébile de débile sur sa tronche.

Décidément, peut-être que mon idée n’était pas aussi géniale que je le pensais, je devenais nerveuse et agacée mais il n’y avait rien à faire d’autre que de se laisser porter par le flot de véhicules qui finirait bien par arriver à bon port. Mais c’était sans compter sur le furieux à la décapotable qui rendait la situation plus compliquée à gérer.

C’est alors que j’aperçus au loin un gyrophare, une dépanneuse garée sur la bande d’arrêt d’urgence et quelle ne fut pas ma surprise en apercevant également une porsche et un individu les bras ballants à ses côtés, sans lunettes de soleil, sans son air narquois. Il ressemblait désormais à n’importe qui, un banal homme en rade et rien de plus.

Mon trajet touchait à sa fin, mon « assistant de navigation personnel » avait retrouvé son sens de l’humour et son sens de l’orientation du même coup en m’annonçant enfin mon imminente arrivée.

L’adresse qui me trottait dans la tête depuis des heures acheva de m’encourager sur les dernières minutes, surtout lorsque une place de parking s’offrit à moi.

Le serveur à l’extérieur m’indiqua de suite une table joliment décorée, à l’ombre d’un énorme chêne, et autour de mon verre de vin, je repensais à la tête du jeune lama pendant que moi je me trouvais juste dans un bouchon lyonnais oui mais...
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Image de Francine Lambert
Francine Lambert · il y a
Joli de mots sur le titre ! Après ce trajet plutôt découragent, il est en effet agréable de savourer le bien-être d'un "bouchon" après s'être enfin extirper des bouchons ! J'ai apprécié ce moment de vie et la vivacité de votre écriture, au plaisir Juliane !
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Image de Michele Rizzardi
Michele Rizzardi · il y a
Fan ! Depuis longtemps...
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