Un amour galactique

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Psychologue et expert-judiciaire, j'apprécie de venir me ressourcer auprès de ces textes, souvent pleins d'émotions et de talent. J'essaie de m'affirmer en tant que romancière, mais ce n'est pas  [+]

Encore sous l'effet du somnifère de la veille, le couinement des semelles en caoutchouc de l'infirmière dans le couloir, ne parvient pas à soulever mes paupières. Et puis ai-je vraiment envie d'ouvrir les yeux pour retrouver cette réalité qui m'est infligée depuis mon accident ? Mais Carine ou Corinne ou une autre... va m'obliger à ouvrir les yeux, puis fera ma toilette. La porte de ma chambre s'ouvre. Elle est là.
- Elle a bien dormi la jeune fille ? Dit une voix féminine.
J'ai envie de la mordre, mais au lieu de cela je réponds, les yeux toujours clos sur mon refus :
- Oui Madame.
- Moi c'est Catherine. Je suis stagiaire.
Je risque un œil puis l'autre sur cette nouvelle soignante. Jolie comme un cœur, le sourire qu'elle m'offre ne me semble pas factice comme celui de ses collègues. Alors j'en profite pour lui faire la remarque – longtemps retenue – de cette façon particulière de s'adresser aux patients :
- J'aimerais pour une fois que l'on ne me parle pas à la troisième personne.
La jeune infirmière pique un fard et je me sens aussitôt coupable. Puis elle poursuit :
- Ce soir un médecin viendra vous voir. Il est spécialiste des maladies psychosomatiques.
- Bof ! Est la seule réponse qui me vient à l'esprit, fatiguée que je suis par ce va-et-vient
autour de mon lit.
Ma toilette terminée, la jeune dame quitte ma chambre, me laissant songeuse et j'avoue impatiente de rencontrer ce fameux docteur.
C'est une voix masculine qui me tire de ma torpeur, après une longue plage de somnolence.
Un homme pointe sur moi une arme que je devine puissante. Il porte une veste noire, un pantalon noir et des chaussures noires. J'imagine sous sa veste une chemise blanche. Tandis qu'il ôte ses lunettes de soleil et me fait un clin d’œil j'ai l'impression d'être face à Will Smith dans MEN IN BLACK. Aussi beau et agile que lui, il illumine l'espace alentour de son charisme. Il me fait une démonstration avec son impressionnant revolver. Il fait maintenant des cabrioles, feignant de me tirer dessus. Il imite la star avec des grimaces puis s'allonge essoufflé près de moi. Je n'en peux plus de rire et de pleurer de joie. Il lape mes larmes comme un chiot et je devine ce qui va suivre. Il ferme à clé et ôte un à un ses vêtements. Une lumière Jaune/oranger s'allume au son des plus beaux tubes de Jean Michel Jarre. Le strip-tease commence, me laissant la possibilité de détailler à loisir son anatomie. Fascinée, je caresse du regard le torse fin et musclé. Je descend le long des jambes et je m'arrête sur son slip rouge. Il prend encore plus de temps (que pour le reste de ses vêtements) pour l'enlever. Mes jambes inertes, collées l'une à l'autre telles des siamoises, s'écartent puis se soulèvent, tandis qu'il me tend la main. Je pose prudemment un pied puis l'autre sur le carrelage froid. En me pelotonnant contre l'inconnu, je respire sa sueur, mélangée à de l'eau de toilette. Je ressens une grande plénitude tandis qu'il défait mes longues nattes et glisse ses doigts dans mes cheveux. Je suis toute entière happée par sa bouche puis par le contact de sa langue. Ses mains agiles remodèlent mes petits seins et mon ventre creux. Je m'abandonne complètement. Nous sommes allongés sur le sol qui se couvre d'une moquette soyeuse. Mon sang pulse si vite que je m'empresse d'arracher ma vilaine chemise de nuit en coton pour être au plus près de lui. Enchevêtrés nous formons un tout indissociable. Et le monde autour disparaît. Une immense lumière nous enveloppe. Elle grandit, grandit, et nous partons ensemble au-delà de la galaxie. Tout est plongé dans une vibration de profonde paix. Je redescends lentement de cet état pour prendre la mesure de l'homme nu qui m'est offert. J'embrasse sa poitrine et je saisis son sexe que je masse doucement. Une odeur de musc chatouille agréablement mes narines. C'est au fond de cette odeur que je le guide, entre mes cuisses. Il gémit de plaisir, bouge en moi, le souffle coupé. Je me retourne et lui offre mes reins. Il pénètre mon sexe béant dans cette nouvelle position et nous gémissons de concert. De plus en plus excités l'un par l'autre, l'un pour l'autre nous devenons des amoureux avides et mordants. Le buste dressé dans ma volupté, je souris, triomphante. Nous nous engouffrons dans la transe. Nous roulons, faisant mine de nous rebeller l'un contre l'autre. Nous chavirons. Nous nous abandonnons à de longs regards de plaisir dans une imbrication plus douce, haletants à cadence régulière et suave. Puis l'orgasme nous abat totalement.

- Je reviendrai demain soir, dit le docteur Jacques, en ajoutant :
- J'ai confiance, vous marcherez de nouveau !

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