1
min

Un amour de haut vol

Image de Janick Lucas

Janick Lucas

50 lectures

8

Nous étions là, attablés devant des verres de ratafia, des gâteaux roses de Reims posés sur la toile cirée de la cuisine.
Son visage est illuminé d’une auréole argentée. Elle rit, ses yeux gris pétillent.
Son amour de jeunesse, ce n’était pas une histoire à l’eau de rose, pas un truc dégoulinant de guimauve. Alors, elle nous raconte...

Son prétendant, au départ, elle ne le trouvait pas si beau que cela. Il était un étranger. Tout le village l’appelait comme cela « l’étranger ». C’est comme cela qu’on disait dans nos campagnes ; parfois, il suffisait de n’être pas né dans le village. Sa famille avait émigré en France en passant par le Luxembourg. Il avait un drôle de nom, pas facile à prononcer.
Il n’était pas ordinaire, ce gars-là. Châtain, le front haut, il était volontaire le Pierre. Il ne vous baratinait pas avec de grands mots embellis de violons.
Ses yeux azur intenses et rieurs parlaient pour lui et ses actions aussi.

Elle le snobait un peu lui préférant un blondinet de la région.

Un matin, au-dessus de sa maison, elle entendit un drôle de bruit. Cela tremblait au-dessus. Quel boucan ! Elle sortit de la maison en courant et leva les yeux au ciel. Et là... elle le vit.
Un coucou survolait le village en slalomant. L’avion fit une pirouette en direction de sa maison. Une révérence, pleine d’irrévérence.
Son prétendant, dans un petit avion de tourisme, lui faisait sa cour sans prendre de grands airs, sans brasser de l’air.
Léger, léger, il survolait, flirtait avec les nuages. Il dessinait un grand cœur dans le ciel. Les cumulus se troublèrent émus.
Pierre prenait des cours d’aviation ! C’était plutôt rare à l’époque et avec son argent, de sa poche. Il avait beaucoup travaillé pour cela.
C’était peu après les années folles, avant-guerre.
L’étranger a raflé son cœur haut la main, en la saluant du haut de son oiseau d’acier.
En un clin d’œil, oublié le blondinet.

Ça oui, il n’était pas commun, le Pierre, un Valentin comme on n’en fait plus.
Faire la cour, cela avait au moins de la gueule avant, pas comme maintenant !
Elle en rit encore, c’est comme cela, quelle a choisi son amoureux, notre grand père nous dit-elle, les yeux pleins d’étoiles.
Le temps est en suspens... on rêve, on se croirait dans un roman.
C’était une autre époque ! Quel panache ! Et c’est une histoire vraie, pas une histoire de Saint Valentin en ganache.
8

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,
Image de Adonis
Adonis · il y a
Très joli. .
·
Image de deleted
Utilisateur désactivé · il y a
Très belle histoire au charme suranné de ces photos sépia que l'on caresse du regard dans l'album photo de notre inconscient en éveil. Merci pour ce beau moment.
·
Image de deleted
Utilisateur désactivé · il y a
Superbe texte qui se concentre sur la réflexion de l'instant présent.
·
Image de Richard
Richard · il y a
pour moi toutes les histoires sont vrais pour l'auteur ou d'autres... et que cette romance est eu lieu, donne à la fiction un goût de réel et j'aime ce goût la!!!
en lisant votre phrase de profil, je me dis que j'aurais pu écrire la même...
mon premier écrit (il y a 2ans) est une autobiographie "mon chateau" il est en finale... et je vous y invite... ;-)

·
Image de Grenelle
Grenelle · il y a
Joliment raconté. Mais que ce soit une histoire vraie ou pas qu'elle importance du moment que c'est une belle histoire ?
·
Image de Janick Lucas
Janick Lucas · il y a
Merci pour votre retour, oui, j'aurais sans doute retirer la dernière phrase. C'est sans doute l'affection pour mes grands parents et leur histoire qui a parlé; j'en tiens compte pour mes autres textes Merci
·