1
min

Tom

Image de Philippe Coignet

Philippe Coignet

18 lectures

3

Cela fait...trois ans déjà. Le temps passe vite, c'est affreux. Il n'efface pas les choses tant que ça. Quand je serai vieux je me souviendrai encore de lui évidemment. Enfin j'espère...
Je nous vois encore, la semaine précédant son arrivée, nous demander si on avait acheté ce qu'il fallait. On préparait sa venue avec enthousiasme. On parlait des règles à fixer, de la répartition des tâches. On se projetait dans son éducation. On imaginait les premiers bains, les premières nuits, les réactions des gens lorsqu'ils le verraient. Les jeux dans le jardin. Tout ça.

Bien sûr on a fait trop de photos, comme tout le monde. Acheté trop de jouets. Les règles fixées ont un peu dévié au fil des mois. On s'est disputés à son sujet quelques fois mais rien de bien grave. Le bilan, c'est sept années de bonheur, de tendresse, de sourires.

Sept ans. Puis la maladie.

Au début on ne peut s'empêcher d'être en colère. Pourquoi nous. Nous sommes des gens bien Clotilde et moi, honnêtes, travailleurs, tout ce qu'on veut. Un couple sympathique et sans histoire. Mais ça, ce n'est pas une garantie de bonheur. Personne n'est à l'abri.
Après le rendez-vous, je n'oublierai pas ce jour-là, on lui trouvait un regard différent déjà. Peut-être que c'est nous qui le regardions différemment après tout. Je ne sais pas. L'inquiétude change tout. On a fait ce qu'on devait faire, payé ce qu'il y avait à payer, consulté, espéré. Les règles ont été bannies.

Après on passait encore devant l'école en se promenant mais comme il marchait difficilement les enfants avaient de la peine pour lui. Ils jouaient quand même, avec lui, plus doucement qu'avant, avec précaution. Je voyais la tristesse dans ses yeux.
On l'a laissé plusieurs fois avec l'espoir d'une guérison même incomplète, partielle, acceptable. Mais à la sortie rien n'était mieux. Dormir à la maison sans qu'il soit là est bizarre.
Puis on l'a laissé, une dernière fois...

Le Dr Meunier était très ému lorsqu'il nous a appelés. Pourtant il doit en voir d'autres mais j'aime à penser que lui aussi s'était attaché et investi au-delà de son travail. Pour nous bien sûr, il ne faut pas parler d'attachement. Le mot n'est pas assez fort. C'était fini.

Il a bien fallu passer à la clinique vétérinaire. Les yeux pleins de larmes. Le cœur plein de tristesse, la respiration difficile et les mots manquant. Ce n'était pas rien quand même. C'était notre chien.
3

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,
Image de Paul Thery
Paul Thery · il y a
"Alors on passait devant l'école" conforte dans l'idée qu'il s'agit d'un enfant, et puis non, c'est un chien. seuls les amis des animaux (et j'en fait partie) voteront ! En tout cas j'ai bien aimé ce texte.
·
Image de Cheyenne Tala
Cheyenne Tala · il y a
c'est triste :-(
·