Survie

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Finaliste
Jury
Image de 2018
Image de Très très court
C’était un matin d’hiver. Je m’en souviens très bien. Pendant des semaines, j’en ai fait des cauchemars, me réveillant en sursaut au plein cœur de la nuit. Je me levais alors, pour contempler le spectacle des étoiles. J’écoutais le bruissement des palmiers, bercés par une brise légère. En respirant paisiblement, il me semblait même percevoir le clapotis des vagues qui léchaient le sable fin. Ensuite seulement je parvenais à retrouver le sommeil.


Ce matin-là, le temps était particulièrement clément.
La maîtresse étant malade, nous n’avions pas classe. Libres ! Nous étions libres pour la journée ! En dévalant le chemin qui menait à la plage, le vent ébouriffait nos cheveux, j’emplissais mes poumons de cet air iodé et j’étais pris dans un tourbillon de plaisir indescriptible.

Après quelques bagarres enfantines pour choisir qui serait le chef de notre joyeuse bande, nous devînmes de vaillants pirates partant à la recherche de trésors enfouis et oubliés dans ce havre de paix qu’était notre île du Pacifique.

Alors que notre muraille de sable et d’algues —sans oublier bien entendu les décorations de coquillages— était presque terminée, la terre trembla. Cette phrase semble assez apocalyptique, mais réellement, la terre trembla. Un grondement venu des profondeurs. Comme lorsque mon voisin gargouille en classe ; exception faite qu’on ne savait pas vraiment d’où ça provenait, et que ça nous semblait grave. Mais les pirates n’ont jamais peur.
Ensuite, l’océan s’est mis à bouger. Comme si tous les crabes au fond de l’eau portaient l’eau sur leur dos et l’amenaient loin, loin, loin. Très loin. On ne voyait que le sable mouillé et les rochers abandonnés ici et là. Mes copains et moi, nous avons commencé à rire nerveusement. Comment les pirates peuvent-ils naviguer si l’océan disparaît ?

Ils sont partis voir. Je suis resté près de notre muraille, méfiant. Mais il n’y avait rien à voir. Juste du sable mouillé et des rochers abandonnés ici et là.
Soudain, un second tremblement. Encore plus assourdissant que le précédent. Comme si un ogre allait débarquer et tous nous dévorer. Et là, bizarrement, étrangement, il s’est passé quelque chose. La mer revenait ! Soulagé... ? J’entendais des personnes crier au loin, très loin...

Je me souviens maintenant. Les histoires que mon père racontait. L’ogre de l’océan peut surgit et tous nous engloutir. Je ne réfléchis plus. Je cours.

Je cours pour vivre, pour survivre. Je cours contre le courant.
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