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Surmonter le bonheur ...

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Joye

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Les gens parlent de la difficulté de surmonter la souffrance, sûrement ceux qui ne la connaisse pas vraiment en fait car en réalité il n'y a qu'à fermer les yeux et tenir... l'instinct de survie est d'une telle évidence innée, d'un tel animalisme primaire et inconscient que la notion même de surmonter l'épreuve n'a absolument rien de courageux ou d'extraordinaire car elle ne résulte en aucun cas d'un choix mais simplement l'expression d'une fatalité intérieure et humaine qui dirige la façon dont nous sommes tenu de supporter l'innommable. Alors que surmonter le bonheur, c'est là qu'est la vrai difficulté. J'utilise à dessein le verbe surmonté car il reflète à lui seul cette espèce d'esthétique marin que prend la montée du bonheur comme des vagues successives d'émotions de plus en plus grosses envahissant tout notre Etre.
Le bonheur est lui la vrai difficulté car il réside d'un choix et c'est en ce sens qu'il devient pratiquement inaccessible à tout un chacun car si il est un choix, cela a pour conséquence que l'on doit se convaincre d'en être digne et se persuader d'en être capable pour le choisir. Cela signifie également qu'on doit savoir qu'il est à l'intérieur de l'âme et pas en fonction des éléments extérieurs que nous apporte la vie. Ce choix se bat aussi contre cette espèce de mélancolie innérante a l'être humain, ce spleen qui plane en nous comme un nuage, mélange de dévalorisation, de nostalgie, d'exigence extérieur, d'insécurité affective et de regard de l'autre et qui nous freine inlassablement dans la prise de décision du choix le plus difficile d'une vie, celui d'enfin accepter d'être heureux. Il est très difficile de faire ce choix car les aperçus que l'on a de ces petites vagues de bonheur ne font que, tout d'abord, nous sentir impuissant face à la force gigantesque d'un sentiment positif submergeant, ce lâcher prise total est terrifiant, et d'autre part elles nous ont fait connaître le vide et le plat qui glace et signe la fin de la vague. Mais alors Comment se laisser aller à cette ascension émotionnelle lorsque que l'on connaît la douleur de sa chute ?
Il faut, je crois, travailler sur deux points essentiels : *le fait de s'ancrer dans le présent pour vivre la montée de la plus belle des manières sans penser à autre chose qu'à cet instant : on peut pour cela prendre exemple sur les enfants : un jeune enfant peut prendre un plaisir extraordinaire à sauter dans les vagues à la mer mais vous l'entendrez jamais dire quelques heures plus tard par exemple "je regrette de plus sauter dans les vagues" parce qu'il est déjà en train de profiter d'un autre moment présent et cela ne l'a pas empêcher d'être le plus heureux du monde dans les vagues un peu plus tôt. Et si le même enfant vit d'autres petits bonheurs, il ne vous réclamera jamais d'y retourner car il est heureux dans l'instant de ce qu'il fait à chaque fois. La deuxième chose c'est la façon dont on regarde le passé on a toujours le choix lorsqu'on a vécu un bon moment soit de le garder comme une étoile qui brûle au fond de notre cœur et qui finira, sur ce fonctionnement, à tapisser un véritable univers lumineux intérieur plein de chaleur et d'émotions positives, soit à regretter de ne plus être dans ce moment qui devient alors une sorte d'épine douloureuse qui terni la beauté du présent et ne ramène en rien l'ancien souvenir à se réaliser. La mélancolie remplace alors la douceur. Il fait pleuvoir sur le présent alors que dans la solution précédente il était soit une chaleur intérieure soit un parapluie au présent pluvieux. Et Donc si on vit le moment présent intensément et que le passé devient une force, il ne reste plus qu'à ajouter les éléments de vie qu'on à identifier comme des choses essentielles à notre épanouissement. Il est important aussi de bien penser que contrairement à ce qu'on a entrevue après les petites vagues lorsque on a pris cette décision ultime, il n'y a pas de sentiments de vide après... Jamais... Car le bonheur est en nous... Définitivement... Donc même si il y a quelques moments de tristesse passagers il n'y a plus de période où l'on est véritablement malheureux.
Il y a aussi indéniablement pour moi une sorte de progression qui permet d'y accéder. Les vagues doivent être progressivement de plus en plus grosses et longues car on ne peut tolérer un tel déchaînement de sensation de manière aussi brusque. Le corps et l'esprit se ferme à autant d'émotions imprévues. On se s'habitue pas au bien être comme ça et plus on a eu des difficultés de vie forte plus il est difficile d'être submergée de tant de merveilleux. Le barrage se ferme. C'est trop car on a pas le temps d'accepter et d'intérioriser toutes les notions essentielles à ce choix dont on parlait tout à l'heure.
De tous les choses dramatiques, douloureuses et terrifiantes de la vie, il n'y en a aucune mais vraiment aucune que la vie ne m'est pas déjà apportée et pourtant (et je le redis) je n'ai jamais eu de combat plus difficile à surmonter que celui d'accepter d'être heureuse...
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