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Sur le quai de la vie

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Wiwi91

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Parfois dans la vie, se passe ce phénomène étrange du "quai de gare". Qu'est ce donc ? La sensation d'être arrivé sur le quai de votre vie et d'alterner entre l'impression d'avoir raté LE train qu'il fallait...ou se rendre compte que le train qui vous amène à la station suivante ne repasse pas avant un long moment, et qu'une longue attente commence.

Ce sentiment m'arrive parfois, surtout ces derniers temps...l'approche de la 40aine ? Le fameux bilan "intermédiaire" de mi-parcours ?
Je ne sais pas trop, j'avoue qu'il y a fatalement un peu de ça...des choix faits à des moments où se proposaient des occasions, des "chances" ?! rester...partir...postuler...ou pas... Bon, j'approche de cette "échéance", et quelque part, je reconnais que je me demande ce que je laisserais derrière moi : 39 ans...toujours locataire...un niveau professionnel qui pourrait être meilleur...débiteur de l'état et de bien d'autres créanciers qui malgré moi ont croisé ma route.
Assurément je ne laisserais rien de financier ni de foncier.

Alors quoi ? Ais je pris le bon train ? en avance ou en retard ?
Je dirais que je n'ai pas forcément fait le choix le plus simple ni le plus court, mais un parcours de cœur, qui, certes, m'a fait prendre des correspondances inattendues, d'autres choisies, m'a fait m'arrêter plus ici que là entre deux destinations, mais au final, je pense aujourd'hui être sur la bonne voie, en tous cas la mienne.

Un fils que j'aime par dessus tout et à qui je donnerais jusqu'à la dernière once d'amour paternel, faute d'en avoir eu la chance moi même; une femme qui me couvre de bonheurs, même si tous les moments ne sont pas ceux que je pourrais fantasmer, ils viennent spontanément et sont riches du cœur; des beaux-enfants à qui je tiens énormément et qui partageaient déjà un peu ma vie avant cette famille recomposée...et une belle-mère formidable, ça existe !

Souvent, la morosité me tanne, le panneau complexe des trains au départ et des correspondances, tant de choix possibles, mais un seul ticket valable, celui que j'ai dans la main... Et par moments, lucide, je m'aperçois que tout est là, autour de moi. Qu'importe l'argent, la maison...j'ai un toit et une famille.

Je crois être une âme en peine, meurtrie d'une enfance à rêver que ma vie serait comme ces séries à la télé : parents aimant, câlins à en étouffer, rires et joies qui débordent. Et de là découle un vide abyssal qui malgré tout ce que je peux faire ne peut être comblé. Non pas que ceux qui m'entourent ne font pas le nécessaire, je vous assure que ma femme est d'une patience et d'une compréhension sans égale, mais parce que ces moments que j'aurais aimé vivre "enfant" sont des instants perdus, irrattrapables, rêvés...et comme tous rêves, ne sont que brumes.

Mais à mesure que j'écris cette "tranche de vie" thérapeutique, je ne peux que prendre conscience de la chance que j'ai. Certains n'ont pas ma chance, pas de famille, pas de toit...pas la possibilité de pouvoir s'amarrer au port tranquille et calme du cœur de l'être aimé...abrité des tempêtes et houles de la vie.

Finalement, j'en ai de la chance, j'ai une vie, et elle vaut la peine.

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Patricia Burny-Deleau · il y a
Bilan nécessaire pour faire la part du rêve et ne pas passer à côté de ce qu'on a gagné de haute lutte ou que la vie nous a offert. Merci pour les belles-mères formidables dont j'ai l'outrecuidance de penser faire partie . :-).
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