Sous le soleil exactement

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L’endroit était désert, elle avait choisi ce moment pour être tranquille justement. Les yeux fermés, elle se laissait bercer par le clapotis des vagues qui se jettent sur la plage, dans un incessant va-et-vient. Le soleil réchauffait sa peau et elle s’étirait, se délassait, dessinant du bout de ses doigts deux petits cercles dans le sable tiède.
Elle l’avait tellement attendu cet été, après des mois de galère au boulot. Faire un break, retrouver Pierre, buller au soleil, dans les odeurs de beignets, de sel marin, de lait solaire au parfum de noix de coco. Chez Maté Lingerie – même en verlan, ça ne s’invente pas ! – elle s’était ruée, dès le début des soldes, et avait choisi avec soin un petit maillot deux pièces rayé rouge et blanc. Il lui allait comme un gant, elle était craquante et Pierre allait a-do-rer !

Ça s’était compliqué quand Trouduc, son Chefaillon de Service, avait relancé le sujet des congés d’été. Avec la démission de Sophie et la nécessité d’assurer la permanence pour les clients éventuels qui ne prendraient pas de vacances, il était revenu sur sa parole et n’avait pas validé sa demande de congés. Elle était la dernière arrivée, n’avait pas d’enfants, donc pas de contraintes, elle pouvait, quelle veinarde, partir à Biarritz en octobre lorsque le prix des locations serait divisé par trois... ! En entendant son argumentaire de faux-cul, elle avait failli partir en claquant la porte ; puis le souvenir de quinze mois de recherche d’emploi à Bourgoin-Joyeux, qui n’est pas la ville la plus gaie de France, avait refait surface. Emilie avait accusé le coup. Elle partirait plus tard, plus loin, sans Pierre qui, lui, ne pouvait pas modifier ses dates de vacances au pied levé...

Des voix d’enfants la tirèrent soudain de ses pensées. Elle ouvrit les yeux et d’un coup sec arracha les oreillettes de son MP3.
« Madame, vous prenez toute la place, on ne peut pas jouer ! » se plaignait la petite fille. Elle devait avoir six ans et la dévisageait d’un air incrédule, tenant son petit frère et son seau par la main. Emilie, se levant d’un bond, noua son drap de bain autour de ses hanches et sortit du bac à sable. Elle tenait sa revanche : à ce rythme, deux heures au square du bout de la rue, tous les jours au moment du déjeuner, elle serait plus bronzée que Trouduc quand il allait rentrer de Marseille le 15 août ! Cette perspective la fit sourire alors qu’elle se dirigeait vers le bureau.

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Eloïse Glld · il y a
Bourgoin-Jallieu, pas la ville la plus charmante c'est vrai, mais très belle instant de vie relater ici, j'aime beaucoup
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Herker_hermelin · il y a
Excellent...et tellement vrai !
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JAC B · il y a
Le rire nous cueille et c'est bon pour le moral! Merci Flore.
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Françoise Cordier · il y a
Beau clin d'oeil et bravo pour la chute qu'on ne voyait pas venir.
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Isabelle Lambin · il y a
Trouduc va être vert de jalousie à n'en pas douter
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Fred · il y a
J'ai adoré l'histoire et votre style , bravo
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de l air · il y a
Mignon et léger...comme une pincée de sable !
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Steph · il y a
Ahah. Mon chef aussi s'appelle Trouduc.
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Antoine Finck · il y a
Bien vu !
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Flore Tanor · il y a
merci !
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Atoutva · il y a
Une belle revanche. Bravo pour la chute.
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Flore Tanor · il y a
merci !

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