Sky zoo

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La Terre est un zoo dans l'immensité céleste.
Et l'homme sa propre cage.

12H15, Je sors d'un fast-food. Je marche seul, dans la rue du Gros-Horloge. Au fil de mes pas, je me remémore mes années lycée. Cela va faire sept ans que j'en suis sorti. Sept ans, c'est la durée de l'enseignement secondaire. Qu'est-ce qui a changé durant ces sept années ? Tout. Et pourtant pas grand-chose. Alors que je suis assis sur les marches en face de la cathédrale et que le vent de février, glacial et indifférent, me gifle furieusement, je repense à ces années de joyeuse insouciance. Entre deux cours j'allais à la salle de jeux avec Diego et Mathias. Alors qu'ils excellaient dans leur maîtrise du flipper, je me contentais de renvoyer la balle, subissant leurs railleries d'adolescents somme toute normaux. Mais moi ? J'ai toujours été comme un spectateur assis sur la berge, à regarder s'écouler le fleuve de l'existence sans y prendre part complètement. On dit que l'être humain s'est toujours posé des questions existentielles. Et pourtant j'ai toujours le sentiment d'être seul face à ce mystère insondable que la vie représente à mes yeux.
Aujourd'hui la salle de jeux que nous fréquentions n'existe plus. A la place une énième parfumerie a ouvert ses portes. Faut-il y voir une obsession du monde moderne, un reflet inexorable d'une société qui privilégie l'apparence, le superficiel, au détriment des valeurs fondamentales ? L'homme ne sait échapper à sa vacuité qu'en la remplaçant par d'autres.
Tremblant sous les assauts du froid, je me lève et reprends ma marche rue du Gros. Je croise une jeune femme et son compagnon. A moins qu'il ne s'agisse d'un simple ami. Ou d'un cousin. Ou de qui que ce soit d'autre. Peu importe. La phrase qu'elle prononce me surprend. « T'as de la chance d'être vivant ! » dit-elle à celui qui l'accompagne. Parfois je me dis que seules les femmes savent vraiment apprécier la vie. Moi je ne peux m'y résoudre. L'existence m'apparaît désespérément absurde. Pourquoi sommes-nous là ? Tout un chacun ici-bas doit « gagner sa vie ». Et nous nous agitons en tous sens, à fourmiller d'activités diverses sans jamais obtenir de réponse satisfaisante.
Peut-être la réponse est-elle de ne pas se poser de questions. Mais j'en suis incapable. Je n'ai jamais accepté les « parce que c'est comme ça » que je recevais en réponse à mes « pourquoi » quand j'étais enfant. « Je pense donc je suis » disait Descartes. Je préfère dire « je suis donc je pense ». Et penser, c'est justement s'interroger, questionner, mettre en doute pour comprendre. J'ai un besoin viscéral de comprendre. Comprendre la vie, ses absurdités, ses contradictions. Ses tourments. Ses moments de joie également.
J'ai l'impression que mes congénères cherchent autre chose. Le plaisir. L'abandon. Abandon qu'ils trouvent dans le sexe, dans la drogue ou dans l'alcool. Ou bien dans le travail. Comme si la conscience de soi était un fardeau impossible à porter.
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