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Si je me souviens bien

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Virglil

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Si je me souviens bien...
J’étais hospitalisée pour des examens médicaux pratiqués sous anesthésie générale légère.
Et je me réveille allongée dans un lit, mon bras gauche relié à un goutte à goutte et la partie gauche de ma poitrine recouverte de pastilles reliées, elles aussi, à un appareil dont j’ignore le nom et la fonction, qui émet des Bip ! Bip !.
J’appuie sur le bouton « Appel Personnel », une infirmière vient me rassurer en m’expliquant que « mon cœur ayant ralenti son rythme durant l’anesthésie, l’équipe a dû intervenir, mais rien de grave, ils ont l’habitude, d’ailleurs, je serai sur pieds demain et pourrai regagner mon domicile »
Un nouvel appel retentit, alors l’infirmière quitte très vite ma chambre prête à prodiguer des soins à un autre malade.
Je réfléchis « mon cœur a ralenti son rythme, ça signifie quoi, en fait ? Il en avait marre de battre ? Il se sentait épuisé par mes abondantes activités ? Il avait besoin d’un peu de repos ? Il ne voulait pas me lâcher, tout de même ? Evidemment, que non ! Sinon je ne serais pas en mesure d’y penser !
Mon portable sonne, je n’ai même pas le courage de décrocher, je suis trop fatiguée. Allongée sur un lit, mais épuisée, quel tableau bizarre !
Mes enfants accompagnés de mon mari pénètrent dans ma chambre, après les bisous d’usage ils me disent « tu nous as fait très peur ! »
Peur ? Serais-je devenue une autre personne ? Non ! Je me sens identique à celle que j’ai toujours connue et qui partage ma vie depuis ma naissance !
Ma famille respectant mon épuisement post-opératoire me quitte rapidement afin de me laisser me reposer.
Je voudrais pouvoir dormir, mais je n’y arrive pas. Ce mot « peur » refuse de quitter mon esprit.
Tout à coup, comme une évidence, me vient la pensée suivante « les battements de mon cœur s’étant ralentis, mes intimes craignent sans doute une diminution de mon Amour pour eux, quelle horreur ! »
Jolie histoire que celle où il fallait, dans le corps humain, trouver un endroit pour stocker les sentiments. On ne félicitera jamais assez celle ou celui qui a déclaré « ce sera le cœur ! »
Je trouve le courage d’attraper mon portable sur la table de nuit, je clique sur le numéro de la maison, ça décroche, je donne l’ordre « Appuyez sur le haut-parleur ! » et de ma voix chevrotante mais néanmoins audible, je déclare « Vous êtes mes Amours, je vous aime et vous aimerai toujours »
Un chœur de voix me répond « Nous aussi, on t’aime et nous n’avons jamais douté de ton amour. Mais maintenant, il faut te reposer. Bisous » La luminosité de mon écran téléphonique en s’éteignant me prouve la fin de cette conversation.
Je sens que je vais m’endormir paisiblement, sûre et certaine que le ralentissement des battements de mon cœur n’ont pas eu de conséquences négatives sur l’Amour que je ressens pour celles et ceux que j’aime.
Demain sera un autre jour déjà prêt à emmagasiner de nouvelles preuves d’Amour

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Charles.B · il y a
L'amour véritable ne craint pas l'arythmie, merci d'avoir partagé cette expérience
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Lammari Hafida · il y a
Une plume fluide,j'aime beaucoup +1
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Keith Simmonds · il y a
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Un de mes trois poèmes,UN LINCEUL BLANCHI est en FINALE pour le Prix Haïkus d’Hiver 2016 et il est le préféré de la plupart de mes lecteurs; mon ÉTÉ EN FLAMMES et mon BAL POPULAIRE sont aussi en compétition pour l’été 2016. Je t’ invite à venir les soutenir si le cœur t’ en dit, merci!
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