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SEX'NCF

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Gigi02

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Train de nuit au départ de Toulon à destination de Paris, 1ère classe, compartiment 16.
La porte s’ouvre. Philippe, la trentaine, y pénètre et s’installe sur le seul siège resté disponible. Le hasard de la réservation le place près de la fenêtre, son coin préféré. Il ouvre une revue et y plonge son attention. Le train s’ébranle à cet instant...
La lente ascension de la vitesse du train semble donner une dimension solennelle à un voyage somme toute ordinaire. Chaque voyageur du compartiment normalise sa présence par le silence. Rien de bien sérieux pour rester sérieux, et pourtant cette attitude est adoptée d’emblée par tous. C’est à celui qui osera briser la glace : il n’en est rien.
Une demi-heure se passe, Philippe, complice de ce silence embarrassant, sort discrètement le regard de sa lecture. Il dévisage les voyageurs afin de trouver en eux une quelconque inspiration en matière de discussion. Mais le train ralentit déjà. Gare de Marseille. Un couple et un enfant quittent le compartiment. Un au revoir murmuré et un salut rapide de la tête font mine de politesse. Alors que le train s’élance à nouveau, son regard circulaire scrute une vieille dame assise près de la porte, puis s’arrête sur une femme, face à lui.
« Comment n’ai-je pas remarqué cette créature en entrant ! Elle est si belle et si élégante ! ».
Elle : Enfin..., il m’a vu ce mec ! Monsieur a daigné tourner la tête vers moi.
Lui : Ouah ! Quel canon...ça c’est une belle femme ; et regarde comme elle est fringuée ! T’emballe pas, Philippe...cette gonzesse, elle ne sait même pas que tu es là. C’est le genre de fille trop bien faite et trop crâneuse pour s’intéresser au premier venu. D'ailleurs elle fait l’indifférente, elle regarde constamment la vitre. Tiens...je vois ses yeux dans le reflet... j’ai même l’impression qu’elle me regarde ! Arrête, te fais pas d’illusions, elle te mate pas.
Elle : L’idiot ! Il croit que je ne le vois pas me regarder dans le reflet...Chiche, je vais soutenir ses yeux.
Lui : Non, je rêve ! Elle me fixe du regard ou pas ?
Elle : Ça y est, il est gêné, il ne sait plus où regarder. Il est pas mal ! Bel homme, bien balancé. Je tourne la tête et je vais le dévisager de face...Hop ! Il a croisé mon regard, mais vite fait, trop vite...
Lui : Merde ! Elle m’a regardé et comme un con j’ai fui son regard. Même pas un sourire, un signe de la tête. Quel con ! Elle va croire qu’elle m’est indifférente.
Elle : Bien, puisque c’est comme ça, je vais faire le grand jeu : je change de jambe.
Lui : Quelle classe ! Elle l’a fait exprès ou quoi ? J’ai vu son porte-jarretelles, en dentelles noires et le revers de ses bas tête-de-nègre tendus à craquer sur la peau mate de ses cuisses. Ces cuisses, ces jambes ! Philippe, il faut que tu fasses quelque chose. Tente, allez, ose !
Elle : Je crois que cette fois il va réagir... ou alors il est pédé. C’est bien ma chance, moi qui suis toute excitée par ce gars !
Lui : C’est décidé, je vais la regarder dans les yeux, lui sourire. On verra bien. Si elle m’ignore, je saurai à quoi m’en tenir et je replonge dans mon bouquin.
Elle : Ouf, ce n’en est pas un ! Beau sourire...je lui en fais un aussi, je réponds du tac au tac.
Lui : Ça marche ! Allez Philippe, t’as ta chance ! Il faut que tu lui parles maintenant, tout de suite. Mais quoi dire à cette belle inconnue ? Elle m’intimide... je te croyais plus dégourdi... montre de quoi tu es capable, ce n’est pas la première fois que tu abordes une fille pourtant !
Elle : Je sens qu’il va m’adresser la parole. Non, pas maintenant... ! Il est capable de dire n’importe quoi, des futilités, des mots banals. Non, je n'ai pas envie qu’il parle... il va tout gâcher cet idiot. Je me lève de suite et je prends ma trousse de maquillage dans mon sac en haut.
Lui : Mon Dieu ! Quelle croupe ! Quel corps ! Et ses cheveux sur son dos décolleté... Quel dos ! Ces hanches, j’aimerais les saisir là, maintenant, entre mes mains...
Elle : Bien. Cette petite exhibition a dû t’émoustiller mon garçon. Je décroise les jambes en me rasseyant, c’est décidé.
Lui : Elle se met du rouge à lèvres la coquine...et elle m’observe du coin de l’œil derrière son miroir ; j’y crois pas !
Elle : Je desserre les genoux et j’attends sa réaction...
Lui : Elle entrouvre les jambes ! Cette fois-ci, Philippe, c’est dans la poche. Merde, je bande !
Elle : A coup sûr, il est en érection. Il est tout rouge et gêné ; il tourne la tête. Oh oui, je vois bien le tissu tendu et la bosse du pantalon. T’as raison, croise les jambes à ton tour, et fais l’indifférent, cette fois-ci je t’achève...je déboutonne discrètement le haut de mon corsage et je fais tomber mon rouge à lèvres sur la moquette. Tu ne seras pas assez rapide pour le ramasser.
Lui : Merde, pas assez rapide... La vache, quelle paire de seins ! Elle n’a pas de soutien... Cette fois, c’est sûr, elle le fait exprès... C’en est trop. Philippe, la voie est libre mon gars... je charge, j’attaque...
- Je me présente, Philippe... Je vois que vous allez aussi à Paris ou peut-être descendez-vous à Lyon ?
- Claire, je m’appelle Claire.
- Ce prénom vous va à ravir.
- Merci.
- Vous êtes...
- Approchez-vous de moi, on pourra mieux... s’entendre si vous le souhaitez.
Philippe ne se fait pas prier. Il se lève d’un bond et s’assoit près d’elle.
Claire essaie de comprendre pourquoi cet homme lui produit tant d’effets, pourquoi elle sent lever en elle un élan incontrôlable qui ne va pas sans trouble. Elle pare alors ses yeux de lueurs étincelantes qui éclairent radicalement Philippe sur les intentions consentantes de Claire.
Leur discussion s’enflamme et s’éternise, leurs gestes se précisent et leurs envies de s’éteindre croissent. Enfin, Philippe se décide, écarte habilement les cheveux de Claire, caresse son visage et le ramène vers ses lèvres. Un premier baiser puis leurs langues se mêlent, liant les réactions frémissantes de chacun.

Le train ralentit et s’arrête à la gare de Lyon-Perrache. La vieille dame, que rien n’a perturbé, descend. Claire et Philippe échangent un regard complice et partagent un large sourire, agréablement surpris par la situation inattendue dans laquelle ils sont : ils se retrouvent seuls dans le compartiment.
Le convoi reprend son élan et s’engouffre dans la nuit étoilée.
Philippe se précipite vers les rideaux.
L’écho de leurs ébats retentit longuement à l'intérieur du wagon. Ils sont abasourdis d’extases, alors que le crissement des mâchoires de freins appuyant sur les roues du train leur fait réaliser qu’ils arrivent déjà sur Paris...

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Vitch Perse Blanquito · il y a
Bête de titre on progresse facilement dans votre texte à toute berzingue
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Claudine Lehot · il y a
J'aime bien les regards en coin dans le silence de ce genre de situation, qui osera parler .... finalement le voyage est rapide !
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Gigi02 · il y a
Je vous remercie de m'avoir lu. A+
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Dolotarasse · il y a
Déjà le titre attire. Pas mal cette petite aventure ferroviaire...
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Gigi02 · il y a
... restée au stade de fantasme. Merci !
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Freddy Potec · il y a
ah le charme des rencontres ferroviaires, je vote .
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Gigi02 · il y a
Heureux que ça vous aie plus. Merci.
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Freddy Potec · il y a
N'hésitez pas à me rendre visite, et à voir mon texte "La poésie" ou un autre.
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