Sans abri

il y a
1 min
0
lecture
0
L'orange se lève. Déjà sa pulpe incendie mes paupières. Le sommeil me fuit. Au rythme de la lumière qui me réchauffe. Et me trahit. C'est que la nouvelle journée me rappelle le deuil du dernier repas. De ce refuge qu'il faut quitter. Je dois apprendre chaque jour à déplacer mes habitudes, ignorer les contacts, feindre l'absence. Je prends alors confiance comme je prends peur. D'un instant à l'autre. Ainsi tout mouvement m'apparaît comme une ombre qui impose le repli. L'immobilité devient ma seconde nature. Replié en moi-même, je garde ma peur éloignée des commentaires. Enfin c'est ce qu'il me semble la plupart du temps... Sauf que ça n'a pas l'air de marcher, là. La secousse est violente. C'est pas trop mon truc l'esquive ! Tu te dis que tu vas prendre l'air histoire de te chauffer l'estomac et vlan ! Une kyrielle de chocs s'abattent. J'ai mal. L'air est subitement froid. Et c'est pas la peur qui va me réchauffer ! Surtout avec les tripes à l'air. L'impact est proche. Ma fin aussi. Tout près, on dirait des fentes perchées sur des petits becs. Je tente un dernier repli au fond de ma carapace.
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,