3
min

Road Trip en Mobylette

Image de Elodie Coste

Elodie Coste

234 lectures

22

Depuis ce matin ça me gratte partout, ça me titille, ça fourmille, c’est du sur ! J’ai des envies d’aventure !! Il faut absolument que je parte ailleurs voir si l’herbe est plus verte, j’ai des envies d’explorer, c’est dément ! Le désir cogne dans ma tête. L’excitation gronde dans mon ventre. Ou peut être la faim ? Je rassemble vite quelques affaires et claque la porte, une tartine entre les dents.
Je me retrouve dans la rue prête à en découdre avec l’inconnu ! Les points serrés, le torse bombé, le regard vif et.. le front fiévreux quand je réalise que je ne sais pas comment partir.
A pied ? Surement pas. Mon impatience est top grande, la route longue et sinueuse. Le Train ? Je fouille mes poches. vides...pas un radis. Mes tempes bouillonnent, ma bouche est sèche, je claque ma langue, j’ai le gout de l’aventure qui se fait la malle.
Je réfléchis vite, balaye les alentours du regard, quand mes yeux se posent sur une mobylette garée juste devant chez mon voisin. Alors la je m’emballe, je trépigne, j’explose de joie ! C’est exactement ce qu’il me faut pour partir. PARTIR ! Où ? Je ne sais pas encore mais assurément loin d’ici et surement près d’ailleurs. L’essentiel c’est que j’aille tout droit, toujours, jusqu'à ce que ca me démange un peu moins cette envie d’autre part.
Je me rapproche de la mobylette, mon passeport pour le grand voyage ! Mon passe partout pour fort boyard ! Mon deux roues pour une nouvelle vie ! sauf que.. J’ai pas les clés de la bécane et qu’accessoirement elle n’est pas à moi.
Ce contre temps m’agace ! Je fais comment maintenant ! J’ai l’air maligne avec ma tête lourde de rêve et mes bras ballants. C’est bien dommage que Mac Gyver soit en RTT, il m’aurait bien aidé pour ce coup la.
C’est pas marrant la réalité. Face à mon désarroi je décide d’agir et d’aller sonner chez le voisin. Le plan est simple. « Bonjour puis je vous emprunter votre mobylette ? Je ne sais pas quand je rentre, si je rentre, et où je vais. Ok ?.. Merci beaucoup ! Bonne journée ! Ah oui !! Le casque...merci !!! »Je l’ai déjà dit. C’est pas drôle la réalité.
Je frappe à la porte. Pas de réponse. Je frappe encore. Toujours rien. Je tourne la poignée. La porte s’ouvre toute seule....je rentre, je demande s’il y’a quelqu'un ? Silence radio.
Je vais donc chercher les clés toute seule puisque ce maudit voisin semble avoir déserté les lieux, lui aussi, peut être, ce matin, à fait une crise d’aventure !
J’arrive dans le salon, les murs sont remplis de cartes postales, c’est impressionnant. Tous les pays du monde semblent s’être réunis dans cette pièce. Je me dis que tout les matins il prend le café entre la chine et le brésil, pendant que La France regarde la Matinale à côté de l’Angleterre. Je suis sonnée par tant d’images à voir, je m’assois dans son fauteuil pour ne pas en louper une seule et toute les saluer. Je commence à voyager du fond du salon et je trouve ca fantastique. Je ne sais combien d’heures passent quand j’atterrie de nouveau, je reprends mes esprits et me rappelle pouquoi je suis ici, LES CLES !!!
Après avoir vu tant de beauté je ressens encore plus l’urgence de mon départ brûler au fond de moi, y’a le feu dans tout mon corps jusque dans ma culotte et seule ce trousseau peut l’éteindre !
J’affute mon œil, ma pupille se dilate, je me sens comme un prédateur tapis dans l’ombre prêt à bondir sur la première clé qui se présentera. Forte de cette vivacité j’entreprends toutes les pièces de la maison et ne voit toujours rien, mais je ne m’impatiente pas, je reste concentrée, en alerte, je songe que je n’ai pas regardé sous le paillasson dans l’entrée. Je me réjouis d’avance ! Je suis sur qu’elles sont la... et c’est le cas ! Bingo !
Déflagration de bonheur en moi, ca y’est le road trip peut commencer !!!!!! Ni une, ni deux, j’écris rapidement un mot d’excuse sur le frigo, je claque la porte et me retrouve sur l’engin à deux roues.
Je démarre, je veux rouler à vive allure, tout de suite, sentir le vent dans mes cheveux, la liberté au bout de mes doigts, l’horizon comme destination. J’accélère, je me sens comme Thelma mais sans Louise, tant et si bien que je ne prend pas le virage quand il se présente, je file tout droit dans le ravin, le sourire aux lèvres, le bonheur en bandoulière, je vole presque...

PRIX

Image de 2014

Thèmes

Image de Très très courts
22

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Shawness Youngshkine
Shawness Youngshkine · il y a
Tu as raison, les mots dansent jusqu'au saut final. Il y a de la fulgurance, c'est péchu à lire. Le culot mène le monde et permet souvent d'aller de l'avant, même avec une absence de scrupule souvent puérile et pourtant fréquente de 7 à 77 ans :) J'ai quand même regretté de ne pas savoir pourquoi le voisin n'est pas là car j'en attendais un drame dans la chute, et cette coïncidence "arrange trop" l'auteur, faut pas en abuser, même dans un court : il y a mystère et mystère ;-) bravo en tous cas défi relevé avec une bonne idée. J'espère que mon idée de mob fantastique-SF sera aussi à ton goût. Vote (ah zut LIKE ?)
·
Image de Nicolas Juliam
Nicolas Juliam · il y a
voté pour l'esprit libre, tragique et poétique, un texte à plusieurs vitesses, ça m'a plu. A + sur short
·

Vous aimerez aussi !

Du même auteur