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Réunion de rédaction

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Rafmael

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Il y avait du sang plein la table. Tout le monde commençait à paniquer. Mais pas moi. Non, moi ça me donnait quelque chose à vous raconter. De l’autre côté de la table, ils s’en moquaient ils continuaient de s’embrasser à pleine bouche. Ils n’avaient toujours pas remarqué la main trouée de Jean-Christophe. Je vais peut être vous raconter les choses dans l’ordre et commencer par le début. Il est donc 16 heures quand la réunion de rédaction débute, enfin plutôt 16heures23 le temps que tout le monde s’installe....
La réunion démarre par une brève présentation de l’équipe, chaque journaliste m’explique ce qu’il fait ainsi que les assistants. Je me présente à mon tour, certains ont l’air sceptique voire méfiant tandis que d’autres m’accueillent chaleureusement par de grands sourires. Je me pose dans un coin et me fait oublier. La réunion peut commencer. Pierre , le rédacteur en chef prend alors la parole et énumère les différents sujets traités dans l’émission. Quels films seront présentés cette semaine, qui interviewera qui. Jean-Christophe, que vous avez certainement déjà aperçu dans l’émission, ira cette semaine à Lille interviewer Denzel Washington pour la sortie du film « Déjà vu » réalisé par Tony Scott. Justine interviewera quant à elle Cameron Diaz pour la sortie du film « The Holiday » avec également à l’affiche Kate Winslet, Jack Black et Jude Law. L’ambiance bat son plein comme vous pouvez le constater sur les photos, tout le monde à la pêche. Les vannes fusent, ça rigole, c’est la fête. Gildas distribue bonbons et boissons. Au début il ne m’en propose pas, peut être qu’il ne m’avait pas remarqué puis finalement me tend la boîte. J’accepte par politesse bien que je ne sois pas trop fan des smarties. La réunion se poursuit. Je commence à avoir mal aux jambes, je me lève donc, prend quelques photos et me rassoit assez rapidement, j’ai la tête qui tourne.C’est peut être dû aux fameux bonbons offerts généreusement par Gildas. Sébastien, autre journaliste de la chaîne rencontrera Olivier Marshall pour lui parler du renouveau du polar à la française avec des films comme « 36 quai des Orfèvres »ou « Le serpent », avec Yvan Attal et Clovis Cornillac qui sort le 10 Janvier prochain en salles. Pendant que Sebastien nous explique de quoi va parler son sujet, L’équipe se disperse, pique du nez, feuillette des magazines, se raconte son week-end. Je commence à avoir des sueurs froides, je ne me sens pas bien du tout. Pierre en vient à parler du prochain numéro de Plein Cadre et du sujet principal de l’émission : « Sexe et violence au cinéma face à la censure », à l’occasion de la sortie en salles de Saw 3, film interdit finalement aux moins de 18 ans et de Shortbus qui est lui interdit aux moins de 16 ans.
Je m’aperçois rapidement que le sujet fait débat au sein de la rédaction. L’équipe se divise en deux et commence à hausser le ton, je n’interviens pas, j’écoute, je prends des notes.
Peut-on tout montrer au cinéma sous couvert d’être un film qualifié de film d’auteur ?
En quoi, un film où des scènes d’une rare violence ou érotiques voire pornographiques échapperait à la censure du seul fait d’être qualifié de film d’auteur ? Sujet complexe me direz-vous, ce n’est pas faux. Le ton monte, je me tourne vers ma droite juste à temps pour remarquer que certains sont plus énervés que d’autres. Et là, je vois Justine enfoncer son crayon dans la main droite de Jean-Christophe qui se met à saigner aussitôt. De l’autre côté de la table, au même moment je m’aperçois que Gildas a sa langue dans l’oreille de Pierre. On me tape sur l’épaule, on m’appelle, je lève la tête, la bave aux lèvres, je m’étais endormi. Je ne sais pas si c’est à cause des bonbons mais je suis vraiment parti loin. La réunion n’était toujours pas terminée, ils continuaient à débattre sur le sujet. Quelques phrases prisent au hasard :
-« mais de toute façon avec internet aujourd’hui... »
-« non, c’est pas vrai tu ne peux pas dire qu’aujourd’hui on peut tout montrer, qu’il n’y a plus de limite... »

-«  la violence n’est pas pire que le sexe montré à outrance... »

Ils auraient pu y passer toute la nuit. Moi, me sentant un peu gêné de m’être endormi je suis parti. Chacun essayait de placer son idée en parlant plus fort que l’autre. Je suis parti sur une orgie de mots violents.
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