Rester debout

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Rester couché

Ce n’est pas debout qu’il se sent le mieux mais couché.

Sans yeux, ni bouche, ni nez, il ne peut ni voir, ni entendre, ni sentir. Cela peut sembler horrible mais le simple fait qu’il vive est un miracle. Bien que personne ne le sache, il est bien vivant car il possède le sens du toucher mais surtout il est conscient. Par quelle miracle est il vivant?...cela n’a guère d’importance.

Il ne peut pas communiquer avec le monde extérieur. Bien souvent il est couché et fermé par deux bouts de cuir. Les gens lui parlent ou plutôt lui écrivent. Parfois même les gens lui confient leurs plus intime pensées et leurs plus profond sentiment mais lui l’ignore totalement, personne ne lui a jamais appris à lire !

Il vit donc au centre de notre civilisation qui est toujours plus rapide, plus technique et plus peuplé mais n’en a pas conscience. Son isolement ne l’affecte pas car il n’a jamais rien connus d’autre. Aussi n’a-t-il pas de désir et de but. Il doit s’ennuyer me direz vous. Mais cet objet n’est pas comme nous. Sa notion du temps et bien différente. Il peut vivre des milliers d’années. Le temps le touche tout comme nous, seulement il sera peut être toujours là, debout, prêt à livrer son message et ses secrets des siècles après que son propriétaire ne soit plus .

Cette existence lui suffit. Il n’attend rien de sa vie, ainsi tout ce qu’il vit n’en est que plus exceptionnel..Son innocence candide lui permet d’être heureux, bien qu’il ignore même l’existence de ce mot. En voyant trop de choses nous devenons aveugles de se qui compte vraiment. Il aime sentir la chaleur du soleil sur lui, la caresse de l’encre sur ses feuilles, découvrir toute sorte de nouvelles formes en lui...Et tout ces plaisir simple de sa vie suffisent à le remplir d’une joie immense. Apprécier les choses simple de la vie, ne serais pas là un des secrets du bonheur ?

A chacune de ses pages qui se trouve remplie, il a comme la fierté d’un devoir accompli. Il savoure alors le bonheur de sentir la lumière sur une autre de ses page. Certes il ne connaîtra jamais la signification de sa vie, ni le pouvoir des mots qui le compose mais aux moins il est heureux car son existence lui suffit, à lui, un carnet si ordinaire.

Seulement tout plaisir n’existerais pas si nous ne connaissions pas la douleur. Cette douleur est inévitable et il avait finis par le comprendre et l’accepter. Aussi quand il la sent en lui n’essaie-t-il pas de l’éviter mais la laisse entrer tout en lui puis la sent s’en aller comme elle est venue . Quand une de ses feuilles lui est arraché, il lui reste parfois un vide, même après que la douleur s’en soit allée. Heureusement, ce vide finis toujours par se combler, ou devenir tellement insignifiant avec le temps, que le carnet ne vis que plus léger.

Chacune des épreuves qu’il traverse laisse des cicatrices en lui : ici une tâche de café, là un coin corné... Plus le carnet est abîmé, éprouvé, vieillit et plus il se sent vivant, unique ! Chacune des épreuves qu’il a vécu a fait de lui ce qu’il est et le rendait plus unique encore. Il n’en apprécie que mieux les moments de joie que lui apporte sa vie, son monde de papier.

Ce n’est pas debout, sur une étagère, coincé entre deux livres, qu’il se sent le mieux ; mais couché, là où tout à plat, il peut s’ouvrir au monde à sa façon.
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