Résilience ou thérapie par la poésie

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Avant d'écrire, tout est sensation, illusion, imagination. Mais c'est surtout, chez moi, une passion et l'apaisement qui en découle  [+]

J’ai conservé l’unique cadeau de Noël que mon père m’a offert en 1975.
Un livre de 246 pages, de Josef Seget "Animaux du Monde" où sur la couverture une photo de deux petits singes, se tiennent l'un contre l'autre, joue contre joue.

C’est moi, qui par un air boudeur lui avais fait comprendre que je voulais ce livre lorsque, après l’avoir feuilleté dans un magasin j’ai dû le reposer sur l’étagère.
Ce magasin où l'alimentation et le rayon librairie était tout proche me permettait de passer quelques minutes d'évasion pendant que mon père attendait au rayon du boucher ou du charcutier.

Aujourd'hui où la décroissance paraît être notre seule échappatoire.
J'ai connu ce mode de vie, à l'économie, mon père était un précurseur!
Je n'ai plus eu de cadeau de Noël de sa part. Déjà pour obtenir un vêtement, une part de pizza le samedi au marché ou une glace en été, il fallait presque quémander.

Je n'avais pas rouvert ce livre depuis mai 2009 date à laquelle je l'ai récupéré après son décès. Il était resté dans le placard de ma chambre d'enfant.
A l'intérieur, j'y avais glissé un petit mot, que j'avais écrit de ma main, lorsque j’avais dix ans.
En le lisant, je n'ai pas pu retenir une exclamation ou un cri d'étonnement, de satisfaction aussi.
Il décrit tout ce qui a été important dans ma vie. La légèreté, la joie, l’optimisme.... pourtant à cette époque là! Nous vivions enfermés dans une tristesse glaçante et paralysante suite au décès de ma mère quatorze mois plus tôt.

Mon écriture est appliquée, penchée un peu sur la gauche.
En médecine holistique la référence au côté gauche se rapporte à la mère!
Elle ne m'aura jamais quitté, quarante-cinq ans après son décès, je me souviens de la dernière robe qu'elle m'avait confectionné pour la rentrée des classes, une robe chasuble orange, dont le tissu épais était doux, avec de belles bretelles ajustables.
Elle me faisait monter sur une chaise pour ajuster l'ourlet, les séances d'essayage prenaient du temps, mais je restais tranquille, le plus immobile possible.

Je me suis accrochée, aux belles images, aux livres, à la poésie pour ne pas sombrer.
Avec patience et précision, je me souviens avoir recopié plusieurs poèmes, manier le porte-plume et faire de belles majuscules occupait l'esprit.

Le petit poème que j'avais recopié est celui-ci :

"Vent que t'importe,
Si tu m'emportes
Mon bonnet Bleu?
Il court, il vole,
En ronde folle,
En bonds joyeux...
Là où il passe
Je pars en chasse
En chantant de mon mieux"

Le vent a toujours été mon élément préféré, j'aime sentir l'air sur mes joues, lors des balades et encore plus lorsque j'étais passagère et que je faisais de la moto.
Le bleu est resté ma couleur préférée.
J'ai dépassé le demi-siècle, mais je prends toujours du plaisir à courir.
J'ai fait beaucoup d'escapades dans les collines où nous les dévalions en sautillant.
Je me suis nourrie de chansons à textes. Poésies pour certaines mises en musique.
Qui restent dans nos mémoires même lorsque celles-ci sont défaillantes.
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