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Printemps d'une vie passé

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Aujourd'hui je t'ai croisé.Je ne sais qui tu es, ni d'où tu viens?
Là, au travers les rayons du market, tu m'as scotché!
Scotché entre ta bouteille de rosé et tes protections hygiéniques...ah oui j'oubliais ton stick à lèvre. .. aaaah tes lèvres que je ne connais pas, je les aime déjà.
Ta longue chevelure brune, laisse un doux parfum d'une fin de journée, que fais-tu de cette vie qui me croise à cet instant de courses?
Ta coupe en frange droite, ta chemise à carreaux impeccablement entrée dans ton jean's, noué ceinture marron, épouse parfaitement tes formes exquises, chaussures à talons, aucune faute de goût! !
Cette silhouette me laisse un goût amer dans le creux de mon ventre. Ne serait-ce des papillons? 25/30 ans, l'âge d'or qui ne dort plus en moi.
J'essaie de ne pas baisser les yeux des tiens, d'un vert méprisant d'inconnu que je suis pour toi.Tu déambules d'un pas manequinesque, confiante de ta fin de journée, celle-ci s'annonce romantique voire même sexuelle à souhait!
Je m'emballe! Tête de lever du matin, yeux de pandas, cheveux éclatés, jogging, sweat de sports suivis de l'odeur, mes 20 kg en trops et ma barbe bientôt blanche, ne trompe pas de mon âge...honte à moi!
Tu m'épargnes d'un regard, tu ne sais pas que j'existe, mais tu sais que je t'ai vue, paradoxalement, cette situation est une histoire finie au berceau.
J'aurais dû, j'aurais pu! Un temps qui n'est qu'un souffle du passé, d'un jeune homme dépassé physiquement, d'un homme mentalement présent.
Donc, aborder ta beauté, aborder la femme que j'aurais aimé aimer!
Je suis recalé à la caisse, scanette en main, je n'ai plus que le charme d'une carte bancaire devant la borne de paiement au laser rouge.
Tu passes à côté de moi, je frôle le malaise, l'explosion cardiaque, ton assurance d'indifférence envers moi, me tue.
Je sors, dans tes pas, aucun son ne sort de ma bouche. Ton véhicule garé à côté du miens, fait troublant de coïncidence.
Tu montes, démarres, là, tu me regarde, me souris et part, je reste inerte de désespoir, je fond sur le parking, qu'un jour passé, j'aurais pu t'avoir.
Mais, aujourd'hui , au désespoir, c'est toi qui m'a eu. ..
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