Libre encore

il y a
2 min
21
lectures
0

J'aime bien ce regard philosophique et poétique engagé sur le monde en ce qu'il rejoint et illustre les préoccupations et l'ensemble des grands textes sur les droits de l'homme et l'actualité  [+]

Ioulia, fille d’Odessa, ramène vers elle ceux qui n’ont pas lâché Maïdan.
Sur la place des souvenirs , des moments fugaces, le temps imprègne son temps, opaque et illisible, fragile et impatient.

Un instant d’écoute s’écrit sur son visage.
Dans son regard on peut lire le vide dans son cœur.
On n’est parfois pas libre de choisir sa vie quand on est obligé de tout laisser.
Ioulia a fui la place aux couleurs, l'Ukraine et la guerre.

Dans les pages de son carnet, elle dit la mélancholie de ses cris.
De ses pas pressés elle a fui la violence des nouveaux maîtres, l'hérésie pour sauver sa vie et celle de ses enfants. Innocents.
Sa liberté est revenue de tout.
Le temps manque et donne les moyens de s’enfuir pour aller jusqu’au jour et trouver le bonheur.
Le temps qui se dérobe et se retire, se transforme en fantôme pour garder les rêves et les souvenirs...
Vivre pour survivre, braver le temps des malheurs, la pluie sans fin des interrogations et des doutes : désespérément triste, dévastatrice.
Méconnaissable mais encore vivante, Maïdan lui ressemble.

Une guerre, une fuite, une quête identique pour vivre libre et ensemble, réenchanter le tout et l’unique, sacrifier le destin 
hurlant et fragile, humilié et offensé.
Sur la place, des poèmes calligraphiés, des textes de prière, des bougies, des chapelets et des journées vides, des échos assourdis, des foulards rouges et des lettres de sang.....
L'amère désillusion et la concussion, du temps qui brûle, violente et console.
Ioulia passe dans sa rue et traîne ses chagrins, courageuse et libre, la mine fatiguée et d'une beauté incroyable.
La place a chassé l’hiver et la guerre ennemie, cruelle au milieu du chaos.
Du malheur coupable, elle est triste.  
La liberté est le prix du destin qu'elle a choisi.
Sa seconde vie.
Son portrait s’écrit dans le silence du rien et les regards des siens. Loin.
Elle écoute les autres pour ne pas à avoir à parler d'elle.
De sa propre humanité.
C'est là toute ton histoire.
Dans les pages de son carnet Ioulia dit la mélancholie de ses cris, parle des ombres soudaines et des bruits, des âmes mortes et des émotions indicibles, les textes de Bukowski et de Chevshenko.
Des mots qu'elle ne veut plus prononcer.
Des longs moments de rien.
Maïdan n'est plus pour demain

De sa tendresse blessée, faussement apaisée, de l'intensité et de la gravité, de l'attachement et du silence, plus forts et plus cruels encore.
A la place de son cœur, sa liberté est sans verrous. Un semblant de refuge, fragile.
C'est elle qui lui a tout donné, sa dignité et sa force d’exister, le sens de la vie et son incroyable récit, un destin digne et la liberté de vivre en paix avec ses enfants.
Belle comme un avenir, illuminée d'optimisme, comme le seul bonheur possible, Ioulia, s'autorise maintenant à rêver pour exister pleinement.
La France l'a sauvée. Libre encore.
Une magnifique aubaine...


Bruno PHILIPPE

Déclaration universelle des droits de l'homme

Article 3
Tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la dignité et à la sûreté de sa personne.


0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,