4
min

Ploc Ploc Ploc

Image de Titi

Titi

130 lectures

30

L’impact des gouttes sur le métal résonne dans le hangar sombre et humide. Je vois pleins de bâches de chantier sur le sol ainsi qu’aux murs. J’avance, doucement, en espérant que la personne que je recherche depuis plusieurs mois sera présente. Me rapprochant du « ploc ploc » assourdissant, mon pied tape dans une partie d’échafaudage, mon stresse monte et mon cœur s’accélère. Je n’ai qu’une seule peur, qu’il m’ai entendu. De ma main gauche, tenant ma lampe torche, je soulève la bâche, ma main droite serrant fort mon pistolet. Je vois, allongée sur une table métallique, une femme. Il a commencé à lui couper méthodiquement les membres. Son sang coule le long de son bras et de son index pour finir sa course dans une vieille bassine en métal rouillée. Une victime de plus pour le dépeceur du métro. Je n’ai rien pu faire pour cette jeune femme. Alors que je cherche l’identité de la victime dans ces vêtements qui ont été abandonné au sol, des bruits de pas se dirigent vers moi. Je pointe mon arme dans leur direction. Une main surgit de derrière la bâche, puis une tête. Ce n’est que ma collègue, Eva, que j’ai appelé en renfort.
Ma fréquence cardiaque reprenant petit à petit son rythme normal, nous regardons autour de nous. Au loin, un meuble en métal servant certainement à ranger des outils. En nous rapprochant, nous distinguons plusieurs photos de ces victimes. Toutes des jeunes femmes blonde aux yeux bleu, il les oblige à le suivre depuis le métro jusqu’à cet endroit macabre. Il les attaches, les tortures et les violes avant de les démembrer. Nous ne savions pas à quoi il ressemble car il a toujours évité les caméras de surveillance. Je continu donc de fouiller la pièce alors que ma collègue emballe les photos dans un sachet en plastique, espérant y trouver des empreintes exploitables. D’un coup, un petit cri retentit en provenance de ma collègue. Je me retourne. L’homme se tiens derrière elle, menaçant, un couteau sous sa gorge.
Je vis son visage pour la première fois. Cet individu qui terrorisait tout Paris ; il me demande de lâcher mon arme, je m’exécute, ma seule préoccupation étant qu’il relâche Eva. J’ose entamer la conversation afin d’instaurer une quelconque confiance entre nous. Dans les yeux d’Eva, la peur s’est personnifiée. J’essaie d’avoir plus d’information sur cet homme qui menace ma collègue. Je lui demande son nom, son âge et son mobile pour tous ces meurtres infâmes, ce à quoi il répond d’une voix tendu : « Ta Gueule ! Je vois bien ce que tu essayes de faire ! On m’a demandé d’être ici à cette heure, ce n’est pas moi qui ai tué ces femmes ! Mais si tu bouges je te jure que je tranche celle-là ! »
D’un coup, sans que je puisse réagir, d’un mouvement large, il sectionne la gorge de ma camarade, la jette au sol, avant de se mettre à courir en direction d’où il venait. De la gorge d’Eva, ainsi dévoilée, le liquide vermeil coule abondement en émettant un bruissement à vous en glacer le sang. Déjà je me jetais au sol, récupérai mon arme et fis feu à plusieurs reprise. Je réussis à le toucher au bras de l’une de mes balles, mais cela ne l’arrête pas pour autant. Je me retourne donc en direction de ma collègue inconsciente, je la retourne sur le dos. Je tente d’arrêter l’hémorragie mais il est déjà trop tard. Je ne peux plus rien pour elle... Je sors alors mon téléphone portable et j’appelle la central : « Code 9 dans un hangar rue du Colisée à Paris »
Quelques minutes plus tard une ambulance et deux patrouilles débarquent sur les lieux dans une cacophonie difficilement négligeable. Mon chef, descendant d’une des voitures de police, viens vers moi en aboyant : « Ca fait des mois qu’on est sur cette affaire et vous, vous faites tout capoter en quelques heures ! Vous mettez la vie de vos collègues en danger à vous la jouer perso ! A ce propos, pour celle-là c’est foutu, j’espère que vous étés fier de vous ! On voit que ce n’est pas vous qui êtes obligé d’appeler les familles des victimes pour les mauvaises nouvelles ! »
Toujours sous le choc de ces dernières minutes, je lui réponds sans grande conviction, les yeux dans le vide : « Ce n’était pas lui. Il m’a dit que ce n’était pas lui qui les avait tués. » Sans surprise il me répond : « Vous ne savez plus ce que vous dites. Prenez des vacances. De toute façon, je vous retire de cette affaire. »
Je prends donc ma voiture et rentres chez moi. D’un même geste, je déverrouille ma porte, pose mes clefs, me déshabille et cours dans la douche.
Les trois jours suivant l’incident, je ne ferme plus les yeux, mes nuits sont longues et durant mes journées trop courtes, je ne pense qu’a l’homme qui as égorgé Eva. Je le traque sans relâche. Un Matin de bonne heure, je reçois un appel téléphonique de mon chef. Il semble très en colère et parles très vite, il veut que je me présente immédiatement au commissariat. J’enfile des vêtements dans la hâte, saute dans ma voiture et prend la direction du poste de police. Sur le chemin j’aperçois un homme qui ressemble comme deux gouttes d’eau à l’homme responsable du meurtre de ma collègue. Je pile, sors de la voiture, me dirige d’un pas décidé vers lui et le plaque contre le mur pour contrôler son identité. C’est bien lui ! L’homme que j’ai vu sur la scène de crime ! Je lui passe les menottes aux poignets, sers fort, et le jette sur la banquette arrière avant de repartir en direction du poste. Dans la voiture, ses seules paroles sont : « Je sais que ce n’étais pas dans les termes du contrat mais j’ai eu peur et je ne voulais pas aller en prison. » Je l’ignore.
Arrivé au commissariat, tous mes collègues me dévisagent. Mon chef, au téléphone, me fait signe de le rejoindre dans son bureau. J’entre et ferme la porte derrière moi. Il raccroche et entreprend de m’hurler à la figure : « Vous êtes vraiment un incapable ! Vous n’êtes même pas capable de relever des indices ! Vous avez mis des empreintes partout sur les photos des victimes ! Maintenant elles sont inutilisables ! »
Hors de moi, je me lève et sors du bureau en claquant la porte. Je remonte dans la voiture ou m’attends toujours l’homme du hangar et je me dirige vers le lieu de notre première rencontre.
Un vingtaine de minutes plus tard nous arrivons à destination. Je sors l’homme de la voiture par le col de son polo, je lui ôte les menottes et lui intime : « Etant donné le fait que tu aies tué ma collègue, on va jouer. Je te laisse quinze secondes pour te cacher. »
Je compte jusqu’à dix et me mets à courir dans sa direction. Je l’entends marcher devant moi et gémir de peur. Lorsque j’entrevois sa silhouette je tire mais le manques de peu. Je me remets à sa poursuite, alors que je me rapproche dangereusement, je ne suis plus qu’à quelques mètres de lui. Il s’écroule sur ses rotules et me supplie de lui laisser la vie sauve.
D’un sourire narquois, je lui tire une balle dans le ventre. Il tombe au sol. Je lui tire une deuxième balle, cette fois dans la tête, afin de m’assurer qu’il n’y survivrait pas.

Maintenant, le seul témoin qui connaissait mon vrai visage est hors d’état de me nuire, seulement, mon chef va commencer à avoir quelques soupçons. Il va falloir que je redouble d’attention. Je me dirige vers le métro République, prends la ligne huit et entame les recherches de ma nouvelle proie. Attention mesdames, ce soir je sévis. Et personne ne pourra m’arrêter.

PRIX

Image de 2017

Thème

Image de Très très court
30

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Arlo
Arlo · il y a
A L'AIR DU TEMPS d' Arlo est en finale du grand prix été poésie. Je vous invite à voyager à travers sa lecture et à le soutenir si vous l'appréciez. Merci à vous et bon après-midi.
·
Image de Mimia
Mimia · il y a
J AIME HÂTE DE LIRE AUTRE CHOSE.......
·
Image de PauLine Ldr
PauLine Ldr · il y a
Bien joué !!! Bisous
·
Image de Francis
Francis · il y a
Damien tu l'as vraiment tué ?
·
Image de Titi
Titi · il y a
De qui
·
Image de Dorsaf Akrouti
Dorsaf Akrouti · il y a
Bravo Damien !
·
Image de Titi
Titi · il y a
Merci dora
·
Image de GNA
GNA · il y a
Un écrivain en herbe dans mon équipe, il faut continuer l'histoire maintenant...
Manu

·
Image de Titi
Titi · il y a
Merci chef
·
Image de Fati
Fati · il y a
top et bravo
·
Image de Titi
Titi · il y a
Merci fatima
·
Image de Laura S
Laura S · il y a
beau noir!
·
Image de Titi
Titi · il y a
Merci bcp
·
Image de Arlo
Arlo · il y a
Polar plus noir que noir. Hémoglobine, mouvements, hargne, fin de l'histoire étonnante. Tout y est. Bravo. Les votes d'Arlo qui vous invite à découvrir son dernier poème" à l'air du temps" en lice prix été poésie . Bonne journée à vous.
·
Image de Titi
Titi · il y a
Merci beaucoup sa me fais plaisir que vous aimiez
·
Image de Mimia
Mimia · il y a
j aime beaucoup
·

Vous aimerez aussi !

Du même auteur

TRÈS TRÈS COURTS

C’était un jour de décembre 2004 je venais de me faire réveiller par les premiers trains, j’avais très faim il fallait que je fasse la manche sur une partie du RER B, je restais sur paris je ...