Planer

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Je suis venu à l'écriture très (très) tard, grâce à un forum sur le web, où j'ai rencontré des amis m'ayant encouragé à continuer à déconner. Je ne savais pas que c'était là mon univers  [+]

Une chronique récente m’a amené à réfléchir sur le plaisir de communiquer et être compris.
Il est temps que je me resaisisse, le créneau sérieux-didactique est pris par le Passant qui le tient avec une conviction que je lui devine, et une maestria qui ne se dément pas. Parfois il fait des incursions dans mon domaine, qui est celui de l'absurde revendiqué, comme je me fourvoie dans ses plates-bandes instructibles, nous devons soigneusement faire attention qu'un jour ou l'autre il n'y ait pas confusion entre les genres, et qu'un lecteur distrait ne fasse plus la différence.

Et que nous nous retrouvions comme les petits vieux des muppets show, trop caricaturés pour être encore nous même.

Mais pour autant, ce regard que j'ai nonchalamment jeté sur le forum et son incidence plus importante qu'on ne le croit souvent, je ne le renie aucunement, et comme souvent j'avais commencé ma phrase sans savoir comment j'allais la finir, et c'est ma plume qui m'a entraîné sur ce sujet. Et, c'est avec surprise que j'ai lu les commentaires que ce texte a suscité. Parce que le forum c'est l'échange, mais que la communication c'est souvent la difficulté d'échanger. Et là, j'ai senti passer comme un souffle léger et clair qui flottait au dessus de ce texte pourtant si anodin. Je me suis demandé soudain si j'avais enfin atteint la perfection dans la manière de transmettre l'idée ou le concept qui n'est encore qu'à l'état embryonnaire dans mon pauvre cerveau sénile et enfiévré. Mais je suis rapidement revenu à une vision plus modeste de mon rôle, et j'ai mesuré l'immense chance que j'avais, d'être lu par des personnes d'une aussi grande finesse, d'une si belle qualité de lecture, qui ont su dans les quelques phrases négligemment déposées au fil des pages, en retirer tout ce que j'y avais mis.

Et ce n'est pas la forme élogieuse de leur réponse qui me ravit, si j'avais lu que ce texte était un apport considérable à la culture de l'huître perlière en baie de Somme, je n'aurais pas autant apprécié le compliment. Ici au contraire, j'ai rencontré ce que j'appellerais la communion, terme qui n'est pas que religieux, et qui désigne tout simplement la communauté de pensée sur un sujet précis et pourtant ardu. Et je me plais à imaginer que bien d'autres lecteurs ont pu et su retrouver dans ces quelques lignes leur expérience personnelle, qu'ils n'avaient pas encore eu le temps d'analyser, et qu'ils n'avaient pas eu le temps de me le dire.

J'étais sous le charme de cet échange si beau et si pur, comme de grands oiseaux qui planent dans le ciel d'une belle matinée d'été, et je craignais de rompre le charme qui me tenait ainsi suspendu entre deux mondes...

Heureusement que mon ami Nerroth est venu me rappeler à la dure réalité des choses. Grâce à sa rudesse amicale je reprends contact avec le quotidien, et je retrouve mes esprits, un peu triste de quitter ce nirvanha dans lequel je flottais avec une légèreté que quelques malveillants dénonceraient comme incompatible avec mon aspect physique, et que pourtant j'appréciais avec délices. Tu as raison Nerroth, je vais me ressaisir que diable, mais je me réserve quand même, si possible, des petits moments privilégiés comme ceux-ci, qui m'on fait un bien immense, et je promets de ne pas en abuser. Je sais d'ailleurs que si l'envie m'en prenait, tu aurais assez de sens commun pour ne pas me laisser sombrer définitivement.

Je vais donc revenir à des sujets plus terre-à-terre, et je commence une quête que j'espère fructueuse vers des sujets désopilants et croquignolesques destinés à lancer une bonne grosse poilade comme nous en avons le secret.

Chut ! Je cherche....
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