Petite histoire sans queue ni tête, qu’on ne lit pas sans que cela vous entête

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Critique de livres amateur à mes heures (jamais) perdues, l'univers de la lecture ne me quitte pas un seul jour. C'est ce qui fait le sel de la vie et offre ce sentiment unique à la fois  [+]

C’est l’histoire d’une petite histoire sans histoire qui ne restera peut-être pas dans l’Histoire, mais nous n’en ferons pas d’histoire.
Histoire de vous en mettre l’eau à la bouche, nous en conterons donc les prémisses.
Je ne compterai pas mon temps, mais compte sur vous pour ne pas tout raconter. C’est sans compter le fait que l’on puisse être tenté de la colporter, mais il faudra vous en contenter. Pour ma part, je m’en suis sustenté, tant tes tentacules, ô sombre histoire, étaient prenants et tes échos entêtants.
J’en suis resté presque tétanisé.

Cette histoire, donc, fit couler beaucoup d’encre.
Mais comment, me ferez-vous remarquer, une histoire sans histoire peut-elle faire couler beaucoup d’encre ? Justement...
Celui qui voulut l’écrire, un certain comte, sentait monter l’inspiration lorsque tout à coup l’encrier se renversa sur sa feuille. Décontenancé, il inspira un grand coup et tenta d’aspirer l’encre ainsi répandue, histoire de contrôler la situation. Il le fit tout en se contenant, dans une sorte de défi lancé à sa fille. Cela est resté, paraît-il, ancré dans son esprit.
Mais c’était vain. Et il en vint donc à renoncer. Son nom ne resterait pas. Il en était déconfit.
Je vous confierais qu’il n’en était pas bien fier, mais n’en fit pas une histoire et alla se concocter un bon confit, histoire de surmonter cette déconfiture.

Le personnage de cette histoire sans histoire était lui-même sans histoire. Logique, me direz-vous. Quoique... comment un personnage sans histoire peut-il faire partie d’une histoire elle-même sans histoire ?
Allons, ne faites pas d’histoire ! Et écoutez plutôt :
Le comte avait eu le temps de composer une première phrase. Pas de quoi faire une histoire. Mais le personnage avait eu le temps de naître même si, de fait, il n’est pas question qu’il fût.
Ce personnage sans caractère de cette histoire concise et circonscrite se trouvait au consistoire.
Mais on n’en saurait jamais davantage. Ce qui n’est pas un avantage.
Du haut de son grand âge, il montait à l’étage, où se trouvaient ses étalages. Et l’histoire en était restée là.

Et c’est justement ce qui mit de l’huile sur le feu. Car feu le comte, dont le talent était pourtant avéré, dans cette atmosphère feutrée n’avait jamais repris la plume, ne prenant ainsi jamais son envol. Et sa fille en prit ombrage.
Par une nuit d’orage où les ombres reflètent de manière éphémère, avec rage, les formes même les plus sages, celle-ci tomba sur son testament.
Légère, à travers la pénombre, elle s’enquit de qui acquerrait l’usufruit de toute cette vie dont elle ne vit que les signes éphémères, pour n’en récolter que les bruits.
Car d’opulence elle ne vit point. En lieu et place, que de dettes. Et cette tache indélébile de cette tentative stérile, dont l’amertume recouvrit son histoire, à travers l’errance de ce père qui, du haut de son perchoir, eut tôt fait d’en labourer l’ardeur, pour lui inculquer d’autres valeurs.

L’histoire ne dit pas comment finit cette aventure. Car, pour la petite histoire, si la fille quitta le domicile sans le sou, elle ne le fit pas sans souci. Et si je vous le confie, c’est que cela ne se régla pas sans qu’on fit part d’une certaine aigreur de la part de cette fille à la maigreur maladive, qui ne fit qu’entacher le nom de son géniteur.
On dit qu’elle s’en remit et prit à son tour la plume, revêtant la posture de l’écrivain, dont les comédies légères ne furent rien plus qu’éphémères.

Mais ça... c’est une autre histoire.

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