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Pensée pour Linda...

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Lililala

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Elle m’avait dit :
- prenez un gros sac, c'est lourd les Registres ! On vous les donnera tous, depuis la création de la société. Si vous avez une valise, ce serait même mieux.

Me voici donc à déambuler, avec ma valise, sur les trottoirs parisiens, slalomant parmi les piétons, hommes et femmes d’affaires pressés, écoliers sortant de l'école, etc...etc...tout en contournant des ouvriers refermant une plaque d'égoût.

Je pense à Linda de Suza, avec sa valise en carton... J’en viens à imaginer des scénarios : je me rends, chez un Cabinet d’Avocats, en plein divorce, avec ma valise pour seule richesse ou bien encore, de passage à Paris, je débarque quelques jours chez des amis.

Je reviens doucement à la réalité : je suis dans les quartiers chics de la capitale et l'on m'a diligentée pour rechercher les Registres juridiques de la société auprès de l’ex-avocat.

Elle est violette ma valise, petite, voyante et neuve. Pourtant, même petite et vide, elle pèse son poids ! Je change de main tous les 10 mètres ou je la traîne sur ses roulettes. Pourvu que ces fameux bouquins y rentrent tous d’ailleurs... sinon je serai obligée de faire deux trajets..
.
Une idée me vient tout à coup : pourvu qu’elle soit vide cette satanée valise ! C’est bien de moi, ça... J’ai plutôt pensé à la robe que j’allais me mettre et hop ! ai enfourné la valise telle quelle dans ma voiture !

Tiens, un banc... Autant regarder maintenant, avant d’arriver dans les locaux feutrés du mythique endroit...

Je tente de faire ça discrètement. Ca coince un peu, puis psscht...Un air bag me saute à la figure ! Deux magnifiques gros oreillers blancs se déploient simultanément ! Honte, quand tu prends.... Vite, regard à gauche, regard à droite.... prenant mon air le plus "grande dame", je vise l'aire de travaux délaissée par les ouvriers de la voirie et ni une, ni deux, balance d'un bras ferme, l'un après l'autre, mes deux oreillers dans l'endroit encore délimité par le cordon rouge et blanc...Je referme prestement ma valise et repars, le pas décidé (sans me tordre la cheville si possible), la tête haute, rencontrer mon Cabinet d'avocats.

Réprimant un fou-rire à m'en décrocher la machoire jusque dans le petit ascenseur cozy d'époque, je m'imagine, ouvrant cette fichue valise sur le bureau ronce de noyer et.... surprise ! surgissent deux magnifiques oreilles parfaitement incongrus ! 

Vous connaissez « je viens dormir chez vous ce soir » ?.. Manquait plus que la GoPro d’Antoine de Maximy !

Gare à vous quand vous stockez du linge dans vos petites valises...

Ah et puis oui.... tout a tenu dans ma valise... Non, je n'ai pas repris mes oreillers sur le chemin du retour. Qu'ils bercent d'autres têtes...




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