Où suis-je ?

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Le fil de ma vie s’écoule à toute vitesse dans ma tête, ma vision se trouble, mes oreilles sifflent, mes membres s’engourdissent, je m’effondre.

J’ouvre les yeux. Je suis dans le noir. Ma bouche est sèche, j’ai un mal de crâne atroce et une odeur nauséabonde inonde la pièce. Où suis-je ? À ma gauche, une porte fermée, elle me terrifie. Mon regard se détourne vers le couloir, un tunnel sombre et oppressant. Je regarde à nouveau la porte, je tressaille, puis, me détourne à nouveau vers le couloir. Non, le plus chaleureux de tous les couloirs obscures. Je me lève d’un bond et manque de trébucher. Je m’efforce de garder l’équilibre et m’engouffre avec précipitation dans le passage étroit. Un relent putride m'envahit, je suffoque en un hoquet gastrique. Mais, chaque pas qui m’éloigne de la porte est plus doux que le précédent. Le long couloir débouche sur une salle, l’odeur devient insupportable. Je cherche instinctivement, à l’aveugle le bouton de l’interrupteur pour révéler la source de cette puanteur ostensiblement très proche. Ma main atteint miraculeusement sa cible et une lumière jaune pisse se répand dans la pièce, dévoilant le cadavre d’une bête morte. Un chien squelettique aux poils sales. J’ai un haut le coeur. Mais la gamelle vide près de lui réinvoque un profond gargouillis depuis mon estomac. Je frotte mes yeux embrumés puis, examine la pièce en quête de n’importe quoi qui puisse assouvir mes besoins premiers. Parmi les meubles austères timidement disposés dans la salle lugubre, un robinet fuyant et une étagère poussiéreuse captent mon attention. Je me penche, la tête dans l’évier, secouant frénétiquement le robinet afin de cueillir les rares gouttelettes voulant bien s’échapper du tuyau. Je fouille l’étagère, trouve un sac de croquettes déjà entamé. Tout en gobant la nourriture canine, je constate avec effroi qu’il n’y a aucune fenêtre dans la pièce. Je me dirige alors à pas soutenu vers la seule porte de la salle. Je tire sur la poignet comme un furieux, en criant de rage et de peur. Il n’y a rien à faire, elle ne veut pas s’ouvrir. J’ai crié, je n’aurai pas dû. Et si ceux qui me séquestrent m’avaient entendu. Il ne faut pas qu’ils remarquent que je me suis réveillé. Je repose le sac de croquette, éteins la lumière et avance dans le couloir à nouveau ténébreux. Un fait terrifiant me tétanise. Sur le mur, il y a une photo de moi qui tiens dans mes bras une femme inconnue. Nous avons l’air heureux, un frisson glaçant me parcourt telle une décharge. Pourquoi cette folle a t-elle incrusté mon visage sur cette photo ? Serait-ce l’œuvre d’une obsessionnelle psychopathe ? Dans un élan de désir de compréhension, je tire la poignée de la porte que je n’ai pas osé ouvrir à mon réveil. L’inconnue et une petite fille... Non ma femme Leila et ma fille Zoé pendues au plafond dans une chambre d’enfant. Je vacille, fermant la porte pour mettre fin à ce cauchemar. Une pluie de larme strie mon visage figé par l’horreur. Quelques pas trébuchants guident mon corps vide au bout du couloir.
Le fil de ma vie s’écoule à toute vitesse dans ma tête, ma vision se trouble, mes oreilles sifflent, mes membres s’engourdissent, je m’effondre.

J’ouvre les yeux. Je suis dans le noir. Ma bouche est sèche, j’ai un mal de crâne atroce et une odeur nauséabonde inonde la pièce. Où suis-je ?
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