Ontogenèse

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écrire pour se vivre encore et encore, pour jouer avec ses miroirs et ses mémoires. Ecrire pour se voir dans l'autre, pour voir l'autre en soi  [+]

Train Jarnac-Rennes, 12.11.96.

Je relis avec plaisir le bouquin de Steiner « des scénarios et des hommes » et je me dis - toujours avec plaisir - que ma première grande aventure avec les hommes, que fut la découverte de l’astrologie, ne pouvait être occultée que par ma deuxième grande aventure: l’analyse transactionnelle. Mon intuition première - mon voyage initiatique préparant la grande exploration d’aujourd’hui - qui fut avec les femmes était en quelque sorte une aventure de chauffe, un terrain d’envol. Elles furent toutes, les unes et les autres, le fabuleux lance-pierres qui m’envoie là où je suis maintenant. Là où je suis sans elles. Sans vraiment elles. Avec moi, maintenant, elles ont perdu leur robe et leurs dessous, leurs cheveux et leurs manières, elles se sont intégrées - enfin - dans ma perception d’elles aux hommes que j’étudie. Et je n’en ai pas fait une simple - ou monstrueuse - catégorie sociologique ou sous-catégorie, je les ai au contraire inscrites et réhabilitées à la fois dans la petite et dans la grande histoire des personnages - hommes ou femmes - qui font et l’humanité et la science et l’histoire et moi et cette feuille de papier. L’ontogenèse, comme ils disent eux, ceux qui m’apprennent, se poursuit et va jusqu’au-dedans de ces lignes.
Oui, ça me fait du bien tout ça: écrire, lire, reprendre des études, redécouvrir la stupeur de mes réactions quand j’essaie de lire, d’entendre, les voyageurs. Et aussi m’entendre quand je parle, me lire quand j’écris, me voir dans leurs réactions. Et, surtout, ne pas me juger, ne pas les juger. Juste nous prendre, nous, les uns et les autres, avec toute la sympathie discrète des voyages mentaux et des interrogations cérébrales.
Ça me fait du bien qu’après cette énième crise avec Monique, il ne reste rien de négatif, pas de dépôts chlorés ou nitreux qui éroderaient notre soif d’avenir commun. Ça me fait du bien de conclure que cette crise-là aussi était faite pour mieux nous aimer, pour mieux rester ensemble. Ça aussi, c’est un scénario, et il n’est pas banal.
Je crois qu’elle aussi l’a compris. Je le souhaite pour tout l’avenir de nous deux.

Au fait, quel est exactement mon scénario ?
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