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Obsolescence !

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Pascalle Nicod

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Etre aveugle de vie, osciller canne blanche en recherche d’espoir, engloutir le noir comme d’autres se gavent de clarté... C’est ainsi, que bon an mal an, rien ne puise l’énergie transcendante permettant de s’échapper au-delà de la mort. On avance à reculons, tâtant, de-ci de-là, l’idéologie gonflant un futur condamné. Le néant fuse par tous les pores de l’être ravagé, turgescences enflammées d’une rupture psychotique. L’apologie de cette certitude sacrifie le raisonnable constat d’une existence admonestée. Jamais ne pourra le souffle oxygéné d’une rémission inespérée. Tandis que frénétiquement convaincu que la cause de la désespérance ne peut qu’entraîner la dissolution du soi vivant, les vagues dépressives s’agrandissent, se multiplient, emportant avec elles le peu de résistance à une succion mortifère. Morbide déduction expérimentale que fut le fil de ma chance. Comment exorciser les démons qui étouffent mon âme ? Ma fragilité émotive me condamne, excentre ma volonté de réadaptation. De cette déduction inorganisable, je ne peux qu’évincer toutes diligences visant à me sortir de ce gouffre sans fond...

Il y a eu, un jour, une étincelle vibrante, un espoir lumineux quant à la possibilité de croire en l’apogée de ma destinée. Le froid, le doute, la peur, le souvenir et l’absolue vide que comporte la pénombre entourant ma pensée ont eu raison de moi. Ne rien comprendre mais saisir le sens de l’exigé, transhumance de notre enveloppe charnelle jusqu’à n’être que l’essence originelle du commencement. Celui qui pourtant s’évertue à traiter l’incurabilité de mes errances me fascine, m’engloutit dans des sphères inconnues autant qu’inexpliquées. Il est celui-là même qui m’envahit, qui sait me réanimer d’une inexorable suffocation. Interrompue de cette respiration vitale, qu’il m’insuffle malgré lui, il m’est impossible de poursuivre. Il est ce vent fugace qui caresse mes rêves, ce soleil chaleureux qui réchauffe mon cœur, pérenne vie en moi. Le chérir plus fort convient à le quitter, à le libérer d’une folie passionnée et passionnante qui investit mon être tout entier. Je suis contrainte de lui rendre son appartenance car, l’aimer m’est interdit, il n’est point mien et ne le sera jamais. Je ne peux être avec lui, je ne peux être sans lui. Je ne peux qu’être évaporée de moi-même, devenir l’ombre qui suit celle que je suis devenue. J’ai perdu la foi en moi, en la vie. Peut-être n’est-il plus possible de contrecarrer ce qui détruit ? Tomber encore et encore à tel point qu’il devient difficile de se relever. Maintenant, juste atteindre les étoiles, juste fermer les yeux et se laisser emporter par un trépas tergiversant mais combien apaisant dans cette consolation qu’il engendre. Voilà ce qui est, voilà ce qu’il échoit, voilà ce qui achève...
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