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Nouvelle

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Marine Piot

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Alors voilà. C’était ça. Juste ça. Rien que ça. Juste quelques mots.
Il suffisait de quelques mots seulement. Quelques mots. Comme s’ils méritaient cette force. Cette toute puissance. Le règne du mot. Si peu qui faisait tant. Capables de détruire ou de réparer.
Un pouvoir divin était contenu en eux. C’était effrayant de prendre conscience de cela. Effrayant de voir que tout le monde se servait d’eux pour communiquer sans connaître l’étendue de leur pouvoir.
Elle laissa tomber le téléphone sur les draps et s’assis, les jambes repliées la tête posée sur les genoux.
Assise sur son lit la tête dans les mains elle ne pleurait pas, elle ne pensait même pas à pleurer. Les larmes avaient décidées de ne pas couler et bien voilà c’est tout elle n’allait pas les forcer. Elle avait la gorge noué et mal au ventre. Le cerveau embrumé de regrets aussi.
Mais cette révélation de la toute-puissance des mots la laissait ainsi incapable de bouger et de penser à autre chose. Incapable de pleurer ou de penser plus que cela à sa douleur.
Des heures s’écoulèrent, durant lesquelles elle ne fit pas le moindre mouvement. Parfaitement immobile, elle s’était remise de la puissance des mots et de leur violence et la douleur était venue la tourmenter. Puis le chagrin et les regrets s’étaient invités dans son esprit tissant une toile de tristesse. Et enfin la douleur de ses muscles immobiles, figés, prostrés dans la même position depuis des heures avait rajouté à son mal de tête et à sa gorge nouée juste ce qu’il fallait de douleur physique.
Le temps passait lentement. Le soleil se couchait derrière la fenêtre. Le ciel bleu devint rose et orangé puis noir et seul un réverbère jetait dans sa chambre une flaque de lumière pâle. Toujours immobile, elle ne dormait pas les yeux grand ouvert elle fixait le vide. Ses membres ankylosés la faisaient souffrir mais elle ne s’en rendait pas compte. La nouvelle que les mots avaient rendue réelle l’avait laissée dans une étrange léthargie ou rien ; ni sa douleur ni sa faim, ne lui semblait avoir d’importance.
Le téléphone gisait toujours à côté d’elle il avait sonné et vibré plusieurs fois mais elle ne l’avait pas décroché depuis le matin. Le réveil affichait 22 heures. Cela faisait maintenant douze heures qu’elle n’avait pas effectué le moindre mouvement.
Soudain quelqu’un entra. Elle entendit le bruit d’une porte qu’on ouvre puis que l’on referme. Après un court silence, elle distingua le bruit de pas qui venaient vers elle. La porte s’ouvrit et la lumière s’alluma. Elle ne fit pas un geste. Elle cligna seulement des yeux rapidement lorsque la lumière fut allumée le temps que ses pupilles se réhabituent.
Un homme jeune qui devait avoir environ vingt-cinq ans vint s’assoir auprès d’elle sans un mot. Il posa une main sur son épaule. Il senti la jeune femme se crisper et retira sa main. Puis la reposa ne sachant pas quoi faire d’autre. Incapable d’exécuter le moindre geste après avoir passé tant d’heures sans bouger, elle le laissa caresser doucement son dos. Elle fut incapable de se défendre quand il prit ses poignets pour mettre ses bras le long de son corps et non plus autour de ses genoux. Ils étaient trop lourds pour elle, elle ne les sentait même plus. A vrai dire elle ne sentait plus rien. Tout son corps était anesthésié par des heures d’inactivités.
Il étendit ensuite ses jambes sur le lit et prenant son visage dans ses mains le leva vers le sien. Elle vit ses yeux qui l’implorait ouvrit la bouche pour parler et la referma aussitôt. Elle ne savait pas quoi dire, elle n’avait aucune explication. Elle voulut échapper à son regard à la fois implorant et dur. Mais elle n’y parvient pas. Elle ferma les yeux. Les rouvris. Elle avait peur de parler soudain. La puissance divine des mots se rappelait à elle et elle ne savait pas comment s’en défaire pour être capable de parler à nouveau.
— C’est fini... Terminé... Plus rien, zéro finit-elle par balbutier.
Il le savait déjà bien entendu, mais ça ne le touchait pas aussi directement qu’elle et il ne réagissait pas de la même façon à cette nouvelle. Il avait juste besoin de la voir s’animer, de l’entendre parler. Son but avait été atteint puisqu’il avait réussir à la sortir de sa léthargie.
Une larme, puis deux, puis trois, puis d’autres. Il la prit dans ses bras tandis que retrouvant l’usage des siens elle l’entoura machinalement. Elle avait au moins besoin de ça pour être un peu moins triste. Pour se remettre de cette nouvelle, de cette terrible nouvelle.
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Grenelle · il y a
Quelques maladresses et des fautes d'orthographe : la porte s'ouvre deux fois et la lumière s'allume deux fois, il senti ? les rouvris ? Il reste l'idée une idée. C'est ça juste ça.
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Martine Debreuve · il y a
Attendre fébrilement la fin ! Mais quelle est donc cette terrible nouvelle ? Beaucoup aimé ...
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Image de Martine Debreuve
Martine Debreuve · il y a
Attendre fébrilement la fin ! Mais quelle est donc cette terrible nouvelle ? ... Beaucoup aimé !
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Manu · il y a
Traduction de mon état d'esprit en ce moment....
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Volkswagen · il y a
C'est un peu frustrant tout ça...
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