Morceau classique

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Ces textes datent de bien longtemps, j’écrivais encore sur du papier, pour vous dire ! J’avais l’habitude de commencer mes textes en haut à gauche de la feuille et de les finir en bas à  [+]

Madame se mit à jouer du piano. Ses doigts couraient sur les touches noires et blanches. Monsieur était assis à côté d'elle et écoutait la douce mélopée qui s'élevait de la queue de l'instrument, émerveillé. La musique était sublime et originale, elle était parfaitement bien dosée autant sur les notes graves que sur les notes aiguës. Pas une seule pause ne se fit, et l'on ouvrit les fenêtres.
Les gens s'attroupaient sur les balcons et fermaient les yeux pour ne rien rater de ce morceau unique. L'air que jouait cette femme produisait chez chacun un sentiment de sérénité, de bonheur, tantôt ralentissant, tantôt accélérant. On eut l'impression que les anges et les dieux écoutaient, que le monde s'était arrêté, qu'il entendait lui aussi ce son distant mais aussi magique que réel, que les morts s'étaient réveillés et qu'ils marchaient sur la pointe des pieds pour ne point priver l'univers de ce plaisir.
Et la musique s'arrêta. Madame était trop essoufflée. Les gens étaient essoufflés, l'univers était essoufflé de cette interprétation... et le tonnerre éclata. On crut que la fin du monde était arrivée. On crut que les dieux n'avaient pas aimé, on crut à la mort des vivants, on crut que les tympans explosaient... Pourtant c'était un tonnerre d'applaudissements qui résonnait, un tonnerre d'applaudissements provenant des gens, du monde, de l'univers, de Monsieur. Un tonnerre d'applaudissements non accordé. Et Madame salua. Et Monsieur applaudit.



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