Mille milliards de petites douceurs (mais pas quand on a sommeil)

il y a
2 min
117
lectures
48
Qualifié
Image de 2018
Il est 6 heures, trop tôt pour aborder une journée que je sais déjà épuisante.

Le retour sous la couette n'y change rien, les sens sont en éveil, il faut secouer le reste de la carcasse! Le capitaine Fracasse qui sommeille en moi a du mal à se remettre de ses rêves agités; il est grognon. Cela ne m'aide pas à mettre fin à ma bataille contre la langueur étalée sur le tissu chaud et doux.

Oh les coeurs!!!! Il faut ouvrir les écoutilles et  se mettre à flot. L'eau de la douche sert de hors d'oeuvre pour partir du bon pied, en faisant attention toutefois à ne pas glisser sur le carrelage noyé de mousse. Bon. Je crois que j'ai fait un petit excès. Il faut nettoyer tout ça avant que la cavalerie ne débarque.... Cela ne va pas m'avancer!!!!

Finalement, il me faut une bonne heure pour arriver sur le pont! L'équipe est là, les claviers crépitent, les téléphones sonnent, les feuillets volent à travers les bureaux, ça crie, ça s'interpelle..... Pas de doute, je suis réveillée. Il faut s'y mettre! Je ferme les yeux trois secondes, histoire de voir au fond de moi le capitaine Fracasse qui est maintenant opérationnel à deux cent pour cent et qui, râleur comme d'habitude, m'invective pour que je me bouge un peu . Ce n'est pas exactement la motivation que je cherchais mais soit! 

Voilà! C'est bon. Le poste de commande clignote comme un sapin de Noel. J'entends derrière moi une voix bourrue qui houspille tout ce qui se trouve à sa portée. Le capitaine Fracasse? Non. Pire. Le Commandeur de ce rafiot en déroute a besoin de hurler sa déveine et de se sentir fort, fusse en hurlant des mots qui se perdent dans le brouillard de nos esprits embrumés.On reçoit des gouttelettes d'eau de la mer déchaînée... Ah non. Berk! j'essuie d'un coin de mouchoir les postillons qui constellent mon visage. Je n'ai pas eu le temps de me le tartiner à la crème-miracle ce matin. J'entends déjà les bébés microbes se faire une fête à l'idée d'investir mon corps sans défenses. Pauvre de moi!

L'ouragan s'est déplacé, emportant avec lui son nuage de pluie polluée. Chacun des collègues reçoit sa dose de bestioles microscopiques. Qui tombera en premier sous l'assaut?

Il est 18 heures, contre toute attente, j'ai fait front. Mais l'aventure n'est pas terminée quand je rentre, la maison semble éclater alors que j'ouvre le portillon du jardin. L'équipage se mutine-t-il? La musique à fond le tuner, je me frayes un chemin parmi les décibels qui rejoignent en douce les micro-organimes balancés par le Commandeur, ça va swinguer sous mon épiderme! La porte s'ouvre à la volée alors que je pose pourtant en douceur mon escarpin sur le paillasson: "Bon anniversaire Maman!!!!!!".... J'avais oublié.

 

48

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,