Marjorie

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Je suis là pour poser quelques mots. Poser quelques histoires. Introspection ou discussion avec Dieu. Réalité ou imagination, l'instant nous porte. Paix et amitié  [+]

Le café est brûlant dans cette tasse blanche posée sur cette soucoupe blanche.
Le mégot de la première cigarette écrasée, la seconde se consume entre ses lèvres délicieuses.
Ses jambes sont croisées, aucun morceau de tissu sur ce corps divin.
Il y a que le fauteuil en cuir qui peut apprécier la douceur de sa peau.
Le soleil est en train de se lever, par la baie vitrée elle ressent délicatement la chaleur sur ses seins où quelques taches de sang sont posées.

Son chaton noir et blanc ronronne en se promenant dans la pièce, montant sur la table basse blanche, sur le canapé marron crème et passant sur le dos de la silhouette inerte qui gît sur le sol de la cuisine.

La vie commençait à venir à l’étage du dessous, les volets s’ouvraient un à un, les enfants couraient comme des éléphants.
Personne n’était venu cette nuit lorsque le tapage sonore fut à son maximum. C’était tout l’avantage d’habiter un quartier délabré, dans un Hlm pourri, entouré de voisins tous aussi débiles ou alcooliques.

Marjorie était comme une ombre, personne ne la voyait, personne ne savait trop qui elle était et c’était bien ainsi.
Terriblement silencieuse à l’accoutumée, un fantôme dans cette tour, peut-être que seul son parfum pouvait trahir son existence.
Ses disques et ses livres étaient justes ce qu’elle avait besoin pour vivre et se sentir bien, quelques photos de sa famille disparue lui procuraient aussi un doux sentiment de réconfort ; elle pouvait ainsi se remémorait des souvenirs de cette belle époque où ils étaient encore tous vivant.

A ce jour la disparition de ses parents et de ses deux frères était encore une énigme, le feu s’était propagé en pleine nuit dans ce petit pavillon situé en plein quartier pavillonnaire.
L’enquête pour l’assurance avait fini par conclure que c’était assurément un mégot mal éteint dans le cendrier qui reposait si souvent sur l’accoudoir du fauteuil de son paternel.
Quelques doutes auraient pu persister quant à Marjorie :
Pourquoi ce soir-là elle était partie faire une balade nocturne ?
Pourquoi elle était restée devant cette maison en feu à regarder toute sa petite vie de onze ans disparaître dans la fournaise ?
Pourquoi bizarrement ce soir-là elle sentait la cigarette blonde ?
Sur ses vêtements ainsi que son haleine ?

Cela fut et restera un mystère pour tout le monde et pour ses grands-parents qui ont fini de l’élever .
Dieu seul sera ce qui a pu se passer et lui seul pourra donner le jugement .Mamy Paulette et papy George auront sacrifié une dizaine d’années pour élever, cajoler, éduquer dans le droit chemin leur petite protégée.

Elle suivit le cursus scolaire basique tout en démontrant un certain talent pour la natation, ce qui lui permit de développer son corps de façon harmonieuse.
Jolie blondinette avec de petites tresses de chaque côté de son visage angélique, toujours joliment habillé mais jamais de façon à attiser de la tentation de la part du public masculin , son charme naturel suffisait.

Quelques années d’études complémentaires pour finir par exercer comme pédo-psychiatre dans un petit centre voué au dévouement de soi plutôt qu'à engranger du pognon.
Elle travaillait comme une dératée, sans compter les heures sur le lieu de travail, les nuits blanches à penser à tous ces enfants dans le souci...

C’est ainsi qu’elle fit la connaissance de Kevin et de son père Marc.
Kevin était suivi car il avait voulu manger un hamster en croquant dedans, chose bien sûr pas trop conseillé par le commun des mortels et surtout pas trop apprécié.
De fil en aiguille et de discussion en analyse de cet enfant, Marjorie a pu se rendre compte que si le petit avait fait cela c’était car il ne pouvait pas dévorer son père qui lui faisait subir toutes sortes de sévices depuis le décès de la maman.
Quelque chose en elle ne put supporter cette violence commise sur un enfant si innocent, alors plutôt que de prévenir la police et les services en charge de régler le problème, elle s’occupa elle-même de ce dossier en préparant un plan très sensuel.

Profitant de ses atouts naturels et de sa jeunesse elle réussit très rapidement à avoir un rendez-vous avec Marc .
Elle prenait l’excuse de devoir parler de Kevin pour le voir hors contexte pro ce qui bien sûr ne le dérangeait pas bien au contraire.
Il se laissa draguer sans se douter qu’il n’aurait pas grand-chose de la demoiselle, quelques semaines suffirent pour l’emmener sans trop de complications à un rendez-vous galant chez elle et en plus à la fin de la nuit.
L’appât de la jeune chair ne pouvait le laisser de marbre et il se présenta comme convenu à l’appartement de Marjorie sans dire à personne où il partait.

Marc espérait bien que cette entrevue se terminerait par une partie de jambe en l'air, il l’espérait et il se disait que si ce n’était pas également l’envie de du doc pourquoi elle l’inviterait chez elle comme ça ?

C’est une partie de gagnée facilement.
Marjorie avait joué le tout pour le tout, elle l’attendait en peignoir entièrement nue en dessous, son parfum mélangé de cannelle et de vanille pouvait rendre fou n’importe quel être humain.
Il sonna à la porte, elle attendit quelques secondes et elle alla ouvrir .
Ils n’échangèrent aucun mot, elle le laissa rentrer dans le petit couloir de l’appartement.
Marc ne chercha pas un signe sur le visage Marjorie, il alla aussitôt se coller à elle, la sentir, avoir la chaleur de ce jeune corps à porter de ses doigts.
Elle ne le repoussa pas, au contraire, elle se laissa faire jusqu' à ce qu’il vienne poser ses lèvres contre les siennes.
C’était là maintenant qu’elle le tenait.
Elle lui donna un baiser langoureux et elle passa également sa langue tout près de la sienne.
Alors dans une sorte de slow sans musique elle le fit glissait dans la cuisine, lieu épuré, totalement dénué de chose inutile, seule une casserole fumait sur la gazinière.

Les images de Kévin nu sur les genoux de son père lui vinrent en tête en quelques secondes, un flash, une vision sale dans son univers si propre.
De ses bras de nageuses, elle décolla Marc de son corps et de sa bouche et lui envoya le contenu de la casserole au visage.
Le liquide brûlant donna à l’homme une douleur hallucinante comme si son visage était à l’intérieur d’une fournaise, elle se jeta dessus et lui roua le visage de l’arme métallique qui lui servait chaque jour à chauffer l’eau de son café en poudre.
La douleur de la brûlure mit l’homme en veille et il fut offert à la bonne volonté de Marjorie qui d’un pas décidé alla chercher le couteau à pain.
Pas de réflexion, pas trop le moment de réfléchir, il fallait comme il y a longtemps rayé ces personnes qui étaient des prédateurs d’enfants.
L’homme ne se réveillera pas tout de suite et on verra la suite des événements lorsqu’elle aura tranché cette partie qui avait l’air de lui démanger le pantalon au point de vouloir la coller n’importe où.
La partie de la virilité de Marc fut vite faite coupée, rasée, ôtée, envoyée dans la gamelle du chat.

Marjorie récupéra sa casserole, la remplie d’eau et se prépara un petit café en s’allumant en cigarette.
Son peignoir rouge sang servit à recouvrir le corps mutilé du prédateur.
Un petit liquide bien noir l’aiderait à passer l’arrivée du jour.
Le fauteuil allait accueillir ce délicieux corps.
Le soleil allait la réchauffer et peut-être lui donnée la pureté...
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