Marie

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Tout ça, ce sont des parties de nous qu'on arrache aux mots - ou que les mots nous arrachent. Ils sauront vous parler de moi  [+]

Image de Automne 2014
Elle était bizarre Marie.
Et quand elle riait c'était pour partir un peu. Pour s'éloigner de nous, en lançant ses éclats tranchants de rire.
Et quand elle frappait, elle partait aussi. Elle sortait d'elle-même. Elle ne savait faire que ça.
Il aurait fallu la voir se mentir à elle-même, et être en exil au sein même de soi. Et refuser des mains, refuser de s'accrocher, parce qu'elle était bien en bas.
Elle aimait le sarcasme qui cachait son visage, et les sourires fendus qui tombaient sur les bords. Ses coins de lèvres qui penchaient un peu en public, ses yeux plus brillants quand on parlait de lui. Ses yeux plus humides aussi.
Elle ne pleurait plus, elle avait oublié. Toujours sous des airs de femme supérieure, de femme ironique pour s'éloigner de nous. Était-elle vraiment tendre au fond ? Moi j'y croyais à sa gentillesse, à toute son attention, cachée parce qu'elle en avait honte. Ou parce qu'elle en avait peur.
Et son attention s'est tournée vers un seul et elle est partie plus loin que d'habitude. Elle pensait plus souvent, elle avait l'air absente. Ses yeux ont disparu derrière ses pensées. Elle changeait pour un son, pour un regard de lui. Et elle pouvait passer de la mort à la vie, aussi soudainement que son regard pouvait fuir les nôtres.
Mais la plupart du temps elle nous affrontait et lançait toutes les piques, ces piques qui transpercèrent mon coeur en brûlant ma peau. Et quand elle frappait, elle frappait plus fort. Elle sortait d'elle-même. Elle ne savait faire que ça.

Car Marie ne fut jamais elle-même.

Et pourtant, Marie, c'était moi.

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