2
min

Madeleine trempée. Partie 5.

Image de Vinvin

Vinvin

29 lectures

3

Effectivement elle n'habitait pas très loin. Le froid se faisait de plus en plus mordant et je rentrais littéralement ma tête dans mon manteau. Constance habitait le dernier étage de l'immeuble d'une rue oubliée du quartier étudiant. Arrivées devant l'ascenseur, nous constations que celui-ci ne fonctionnait pas et il nous fallut emprunter un étroit escalier en bois pour faire les sept étages. Le bois clair craquait sous chacun de nos pas. Arrivé au bout je regrettais presque ma cigarette du café. Elle s'arrêta devant une porte verte récemment repeinte; en deux coups de clé nous entrions; c'était un agréable studio sous le toit avec une décoration minimale et élégante. Deux masques africains d'ébène habillaient un mur à moitié nu, et des plantes grimpantes venaient ponctuer la composition du salon. Le tour du propriétaire ne fut pas long et elle m'invita à m'asseoir sur l'un des deux canapés blancs. Deux vélux offraient une vue imprenable de la Capitale.
-C'est joli içi, tu vis seule ?.
-Oui, c'est un ami qui me loge içi.
-Un ami ?...
-Un ami de mon père que je connais de longue date, quand il a su que je venais étudier içi il m'a proposé cet appartement.
-Je croyais que tu n'avais plus de contact avec ta famille. Que vous étiez fâchés.
-Avec mon père et mes frères. Sinon je continue s'entretenir de bons rapports avec les autres. Je n'aurais pas pu m'en sortir toute seule.
-Des histoires de famille...
-Je te raconterai un jour ,quand le coeur m'en dira. En attendant tu veux boire quelque chose ?.
Le café et la clope m'avaient suffi. Je me contentais d'un verre d'eau.
Il m'étais évident que Constance possédait déjà un lourd vécu et je restais tranquillement sur le canapé de lin blanc. A ma droite une lampe halogène diffusait une agréable lumière blanchie. Sur un coin derrière moi un grand lit surplombé par les vélux. A l'extérieur il devait déjà se mettre à neiger. A un moment me vint l'idée que Raf était sans doute venu içi. Je frissonnais involontairement à cette pensée.
Le temps que mon verre d'eau soit aux trois-quarts vide nous nous enlaçions langoureusement et ce fut à cet instant que je réalisais que ces trois derniers mois je n'avais recherché que ça. Son grand corps venait peser contre le mien, à un match de catch elle m'aurait aplati comme un rien, je ne faisais qu'accompagner la marche à suivre. Constance était une femme décidée. Nos langues se mélangeaient dans une bataille amoureuse. Du reste nous finissions de tomber du canapé pour se retrouver au sol.
L'on se décida à utiliser quand même le lit et je me rendis compte qu'il était encore plus vaste que je ne l'avais cru au premier abord.

Quelques heures après nous nous retrouvions le lit à moitié défait, la lampe halogène éteinte et une cigarette que nous partagions. Une clarté inhabituelle provenant des vélux frappait le mur qui faisait façe. De toute évidence la neige tombait fort maintenant et devait tenir au sol. Cette neige tenait déjà à moitié sur la vitre des vélux. Tout d'un coup j'eus envie de remettre le couvert, j'embrassais Constance sur le cou et elle entoura ma tête de son bras gauche.
3

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Joëlle Brethes
Joëlle Brethes · il y a
Là, c'est un grand pas de fait ! Je tourne pudiquement la tête ;)
·