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Sauvien

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Ce matin, je me suis levé de bonne heure.

J'ai allumé la radio pour les nouvelles et presque aussitôt, j''ai ouvert les volets. Le temps était gris ; il faisait un peu froid. Je n'ai pas l'habitude d'être du matin. Bien sûr, quand je travaillerai, il va bien falloir. Mais cette perspective ne m'effraie pas. Au contraire, elle m'est rassurante. Se lever tôt veut dire avoir un but pour la journée. Bien se préparer, se laver plus ou moins énergiquement, s'habiller...voilà les préparatifs indispensables d'une journée utile.

Une tasse de café, un jus de fruits....pas le coeur à manger si tôt...voilà ce que je pris. Mon activité n'était pas si importante après tout ; j'attendrai le déjeuner. Je feuillette les nouvelles du matin ou du soir pour certains journaux. Rien de nouveau sous le soleil. Le monde n'a pas bougé depuis hier. L'actualité tourne aussi lentement que la terre : et pourtant, sans s'en apercevoir, le changement est en marche.

Pour l'instant, il pleut. Je regarde mes fenêtres. Pas très propres...et puis, les nuages se chargent. Il pleut de plus belle. Les gouttelettes d'eau n'arriveront pas à tout laver. La poussière enlevée, l'eau laissera sa marque. Il va falloir passer l'éponge. Quand? Pas tout de suite...il pleut. Laissons la nature pleurer un peu.

L'ondée se mêle au vent. Les tourbillons affolent les tuiles, les fenêtres des voisins claquent : mauvais temps ce matin. Seul le fait d'être au chaud me procure une petite joie. Regarder la tempête de chez soi derrière une vitre bombardée de rafales a quelque chose de plaisant.

Et s'il faisait beau? Ce serait bien aussi. Une matinée ensoleillée, des petits oiseaux aux plumes bien sèches qui chantent tout le bonheur de leur vie, les arbres emplis de verdeur qui répondent aux rayons du soleil et les fleurs - que je ne vois pas mais qui sont là en dessous - se redressant pour faire tomber leurs pénibles rosées...c'est aussi un beau programme de journée.

Le café, le temps, mes intérêts matinaux n'y font rien. Je sombre peu à peu. Ma mauvaise nuit se paye. Entre deux fonds de ciel - un coup bleu, un coup gris -, je prends congé de la fin de matinée. Il est presque midi. Je ferme les yeux dans mon lit. Je m'accorde quelques minutes de repos.

Et je rêve. Je suis dedans. Je plonge dans des souvenirs, une réalité qui n'a peut être jamais existé. Je suis conscient de la chance que j'ai de revoir les uns et les autres. C'est agréable ce moment. Je peux presque les toucher. Ils sont si proches. Je vois ma mère. Quelle joie !

....et puis tout s'assombrit. L'inconscient me fait souvenir que ces images sont une faveur. La bulle de rêve va éclater. Un peu amorphe, je reprends vaguement mes esprits. Je regarde la fenêtre : elle est pleine de sanglots. Alors j'essuie mes yeux.
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