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L'or bleu.

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Confortablement immergée dans l'eau chaude de mon bain, je laisse vagabonder mon esprit...

Je pense à cette bassine en zinc, posée au milieu de la cuisine, au coin du feu, où nos grands-parents se lavaient; chacun à son tour, du moins sale au plus crasseux, pour économiser l'eau précieuse. J'imagine leur fierté, signe de progrès social, lorsque chaque maison à accueilli une salle-de-bain et que les toilettes ont quitté le fond du jardin pour s'installer, en trône, dans la bâtisse.
Depuis, hélas, l'excès inverse de produit. C'est le paradoxe du progrès : déféquer dans l'eau potable, prendre des bains, des douches, laisser couler l'or bleu, nourrir l'égout de nos vies sédentaires aseptisées, de nos peurs des germes, des maladies et des autres.

Heureusement, la baignoire, c'est aussi cette enveloppe remplie d'eau, ce milieu originel, fluide et rassurant, qui manque à tout Être depuis sa naissance. Et parce que l'éphémère s'inscrit dans l'éternité, sous cette douche chaude de fantasmes partagés, on fait l'amour et on célèbre la Vie.

Soudain, une goutte d'eau s'écrase sur mon front. (Je suis juste en-dessous de la poire de douche). Si petite, elle a le pouvoir d'interrompre ma rêverie... Ne dit-on pas qu'elle a le potentiel de faire déborder le vase ; notre vase de contraintes consenties, de compromis concédés, de tolérance accordée, d'injustices tues ou de silences criés par des Fous?
D'un coup, cette petite goutte fait basculer une situation et initie le changement. Et si tous les vases débordaient en même temps ? Qu'une conscience collective naisse de ce raz-de-marée?

La question se pose alors : l'Etre humain, conditionné à recevoir des réponses simples à des questions complexes, endormi par des discours démagogiques, vautré dans sa zone de confort, est-ce que cet Être censé penser, est encore capable de remplir son vase ? S'indigner ou se résigner ? Être une goutte dans l'océan des consciences, ou prendre ses gouttes pour éviter de regarder l'évidence en face ?

À force de déni, l'Homme finira par ne plus verser que des larmes...
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