L'opposition

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L'oiseau s'envole, la cage disparaît, sans comprendre je regarde le temps m'échapper. Je n'écris plus vraiment, sûrement parce que tout va bien. Instagram où retrouver mes centaines de textes  [+]

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La ville est séparée en deux au niveau de ce qui me semble être l'ancienne mairie. Cela fait plusieurs décennies que les autorités, s'apercevant des inégalités au sein de la population, ont décidé d'ériger une grande barrière. Elle parcoure les rues, slalome entre les bâtiments, délimite la zone où construire des immeubles richement décorés ou des ruines vacillantes.

De ma fenêtre, je l'aperçois cette barrière. Elle est faite de béton par endroit, mais plus frêle certaines fois, construite de métaux divers lorsque l'argent manquait. Mais personne ne la franchît jamais.
Je peux aisément observer ces enfants assis sur le trottoir, et malgré la distance je vois leurs vêtements sales, leurs mains noires et abîmés par la crasse qu'on trouve là-bas. Et puis je regarde leur mine accablée, bien trop jeune pour réussir à sourire malgré la peine. J'entends les mères, au loin, lasses de cette misère, épuisées de donner tout ce qu'elles ont à une situation qui n'évoluera jamais.
Et puis, je me tourne et j'observe l'autre côté. Les terrasses aux nombreuses plantations, les immeubles de plus en plus excentriques, les multiples couleurs rayonnant sous le soleil couchant. Je vois ces familles attablées autour d'un dîner tout juste sorti du four et quelques jeunes se baignant dans l'une des piscines que l'on peut apercevoir. Le bruit des couverts se mêle à celui des plongeons et des conversations enjouées.

Je prends du recul en regardant ces deux paysages opposés. Le ciel s'assombrit peu à peu, les mères appellent leurs enfants assis dans la rue malodorante, leur cri déchiré raisonne et je détourne les yeux. Ils sont si différents de ces habitants joyeux et insouciants qui rient de bons cœur de je ne sais quel propos. En souriant, je pense à leur vécu, à chacun de leurs voyages, à leurs problèmes si éloignés de ceux présents en face de leur bâtiment.
J'observe ces gens, et je sais qu'au fond, je suis comme eux.
Mais je suis de l'autre côté.
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