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Il est plus de minuit lorsque Gunner quitte le boulot. Ce soir, il y avait la soirée de clôture de l’événement sur lequel il travaille d’arrache pieds, avec deux collègues, depuis plusieurs mois. Les dernières semaines ont été éprouvantes mais il est fier du résultat. Ce soir, il pourra peut-être dormir plus paisiblement. Pas sûr.

Il a sans doute bu un verre de trop mais il se sent apte à reprendre la voiture. Le chemin n’est pas long et il le connaît par cœur. C’est l’occasion de faire le bilan, seul dans sa tête. La radio s’enclenche en même temps que les vrombissements du moteur. Une musique de fond à peine audible dont il oubliera les notes quasi instantanément, prisonnier de son esprit tourmenté. Il se repasse les derniers mois de sa vie en long et en large. Ce qui a fonctionné pour ce fameux événement et ce qui a coincé, les choses à modifier voire à supprimer. Il se remémore les visages et les voix de cette dernière soirée. Les éclats de rire parfois faux et les sourires forcés. Les félicitations et les compliments amers. Il commence doucement à se sentir lassé de ce jeu, de ce rôle à tenir. Pourtant, son métier était une passion mais la vie parfois fait que...

Il essaie de s’accrocher à quelques aspects positifs, tels que son salaire et sa femme, à ses côtés depuis de nombreuses années. Un mariage heureux dans sa globalité. Pas d’enfants mais des projets, des tas de projets. Des voyages, surtout.
Gunner arrive à destination. Il gare sa berline sur le parking et sort du véhicule, se dirigeant vers l’entrée, très illuminée comme à son habitude. Il entre, une bouffée de chaleur s’écrasant sur son visage et l’odeur... Cette odeur propre à ce lieu à la fois triste et heureux. Il gravit les quelques marches qui mènent à la chambre, où se situe sa femme qui doit paisiblement dormir vu l’heure tardive.

Délicatement, il ouvre la porte et pose ses affaires, se débarrassant de sa veste et de ses chaussures. Il desserre sa cravate et déboutonne sa chemise avant de se poser dans un fauteuil en faux cuir peu confortable que l’hôpital fournit aux visiteurs des malades. Dans un geste tendre, il prend la main de sa fidèle compagne, geste qu’il répète quotidiennement depuis maintenant quatre mois.

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