L'Être Profond, Le Paraître Et Le Devenir...

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Le « Paraître » n’est pas un exhausteur de goût ! Loin s’en faut ! Par définition, tous les goûts sont dans la nature de l’homme, mais il n’empêche que l’homme est aussi de nature à céder facilement aux effets de mode et de masse. De fait, le « Paraître » constitue plutôt une altération de notre sapidité.

Par trop souvent, c’est l’Être en face qui nous travestit, qui fait de nous et malgré nous, le chanteur-comédien qui s’ingénie à se maquiller ! Grimé de la sorte, nous devenons pour ainsi dire l’alcool frelaté, la preuve falsifiée, l’homme ombré...

Qu’en est-il de l’« Être profond » lors que nous sommes ces multitudes à graviter autour du point d’origine ? Puisque, là où devrait se faire le silence n’est plus qu’une cacophonie de flux de données mettant en exergue divers paradigmes sociétaux. Attendu que là où devraient naître convictions et aspirations ne demeure plus qu’un doute permanent...

Quoi qu’on en dise, nous demeurons toujours sous influence ! On ne peut être vierge de toute communauté, de toute culture, de tout schéma conventionnel. L’interaction humaine est à de nombreux points de vue, comparable aux différents échanges qu’entretient toute cellule vivante avec son milieu de vie...

Nous sommes au départ le fruit d’observations et d’expériences collationnées. Le retentissement de rencontres formelles et informelles...

Mais l’« Être profond » aspire à sortir des sentiers battus et rabattus, à cultiver les hors-champ, à casser tous les moules à creux perdu. Toutefois, sur la Mer de l’Existence combien se refuseront à faire des vagues, préférant se noyer dans le flot comme dans le flou ? Combien choisiront de « Paraître » pour finalement « Disparaître » dans un anonymat égocentrique dès lors que toute surenchère est un bradage de l’« Être profond » ?

Passent les jours, meurent les ans, l’esprit critique soufflé par les diktats, s’envole aux quatre vents comme les akènes à plumes de l’aigrette du pissenlit. Il s’abandonne au mouvement collectif, s’enlise dans la pensée grégaire qui fait de nous des moutons de Panurge en attente de la tonte, des vaches à lait en quête d’une terre à pis...

Pour notre « Devenir », il serait bon et sain de ne plus lever systématiquement les bras dans la ola, de ne plus nous perdre en vain dans la salutation rituelle, de fuir le mouvement perpétuel des foules pour que notre esprit ne soit plus à la masse. Mais aussi et toujours, de ne plus l’attirer afin de mieux la détourner... l’attention.

L’« Être profond » est une vérité qui s’ignore et las de m’ignorer, je brûle pour ma part, de ne plus déposer d’offrandes aux pieds d’un statut de sel...

En tout état de cause, je voudrais redevenir vierge de toute ambiguïté, ne plus être le produit dénaturé d’une société dystopique, renaître au monde dans mon authenticité, qu'on m'estime enfin de face et non plus de profil...
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