Les poules pondent des bœufs

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Sans Dieu, ni maître. C'était l'hier d'un demain. Un monde étrange où vivent les ombres perdues, elles avaient dans leurs poches toutes les étoiles cueillies dans ce labyrinthe de sang et de  [+]

38/02/année des œufs

Josette, je t'ai déjà dit mille fois qu'à partir du diz'ouhit du mois, il fallait tondre le salon et la chambre du deux cent quatre.
Nous sommes le trente huit février, et à cette date là, on marche sur les mains et les cheveux mêlés aux herbes, cela ralentit considérablement.
Mais Josette, un bouquet de bouton d'or à fleur de lèvre ramassait délicatement avec ses orteils les œufs de la rivière.
Ses yeux pliés en six reflétaient le soleil et ses oreilles coquelicots n'avalaient que les sons soyeux et verts.
Pourquoi fallait-il toujours qu'il essaie...? La question s'envolait dans les rires des oiseaux et la réponse tombait brutalement dans un nid d'oubli...

Et des nids d'oubli, il y en a des centaines qui fleurissent dans les jardins d'eau peuplés de poissons chantants et de sirènes toutes aussi merveilleuses les unes que les autres. Mais il y a un bœuf dans un œuf carré qui vole, et Josette sourit les pieds vêtus de nuages. L'herbe pousse entre ses doigts et une fleur étrange secoue son cœur. Serait-ce un nid ? Ses pétales ont une couleur de miel et de charbon, un duvet immaculé boit goulûment la rosée de ses yeux emplis de trésors... Le duvet serait-il une aile d'un oubli ?
Soudain des mots dans une phrase se mirent à vociférer. Encore lui, pensait Josette, il serait grand temps que ce bœuf habille ses chaussures de lunette à trésor.

La forêt a trois doigts et une main légère comme mon cœur dit Josette et les pigments de mon âme sont extrêmement parfumés d'amour, un panier de bonté dans les yeux...

Les mots se mettent soudain à chuchoter des rires miraculeux
et Josette sourit dans les bras du soleil du jour... Et pourtant, ce jour-là, il neige la fureur d'un poignard élégamment vêtue d'une robe de cendre...

Quelques milliers d'années plus tôt...

Je me baladais sur l'eau
sur un dé à la face huit
la mer était ronde et mauve
dans sa bouche, un chant vague

l'homme au chapeau blanc
a donné un coup de pied
dans le dé de douze
et la mer mauve a coulé

Dans un oeuf qui hurlait
de fissures déconcertantes
il y avait une musique blanche
sur sa joue, une larme d'épouvante

L'horizon est né avec une aile
bleue et tout son air
butina les formes des ombres
j'avais du miel sous les pieds

C'était en l'an des quart
ou peut-être des car
il n'y a pas d'écrits
les arbres venait de n'être


Juste quelques branches plus tard...


Le ciel était rond mais juste de l'intérieur avec de l'herbe comme vêtement coloré à la terre et à la mer.


Enfin, il paraît que c'est à cet instant mais aucune ombre n'a pu le définir.

Que la pomme a pensé pouvoir déguster une bouche venue de nulle part.

Là c'est écrit, une catastrophe était née dans le ventre du ciel, des petits vers rongeaient et mastiquaient en urinant des boyaux excités.

Des oiseaux liquides s'envolaient à l'aide d'ailes aux vapeurs huileuses.

Avec leurs becs remplis de graines de bœufs venues d'une idée écrite dans le pli d'un nuage qui n'a jamais existé mais qu'un trèfle à six feuilles avait rêvé un soir de lune rouge coupé en quatre comme une racine d'un mot que l'on servait au nouveau jour.

De là, la nuit tombait comme un ballon hexagonal, et les nids se mettaient à germer, tantôt plats, tantôt vides...

Il y avait aussi des nids creux qui plongeaient précipitamment en naissant dans une rivière aux ailes de roseaux mauves...

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